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Annonce de la séropositivité | Femmes séropositives | Kaya Manga | Ras Naya | Tina | Zina

Miranda a perdu sa joie de vivre depuis l’annonce de sa séropositivité

28 septembre 2011 (papamamanbebe.net)

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Sandra : Vous êtes nombreux à laisser des messages sur le site survivreausida.net, papamamanbebe.net et lemegalodon.net. Il y a un message qui a interpellé l’équipe radio d’aujourd’hui. Je vais demander à Tina de lire le message de Miranda, et ensuite ce sera Zina qui va répondre à Miranda.

Tina : Donc il y a deux messages. Le premier message de Miranda c’est : « Il y a quatre jours, j’ai appris que j’étais séropositive. J’ai eu du mal à y croire et je l’avoue aujourd’hui encore, je doute encore. Je suis belle faisant partie de ces filles sur qui les regards sont scotchés à leur passage. Tout d’un coup ma vie s’écroule, mes rêves anéantis. J’ai l’impression de vivre en ce moment dans une bulle sans issue. J’ai fait mon dépistage volontairement parce que j’ai décidé de vivre avec un homme. Un homme vraiment bien et Dieu sait combien je l’aime. Là, je ne sais plus quoi faire. Je pense à mes parents, moi l’adorée de mon père, la grande soeur chérie, l’amie sur qui on est sûr de la réussite. Et mon homme, dois-je lui dire ? J’ai peur. Le VIH vient de détruire ma vie. Il ne me reste plus que mes larmes et le souhait de mourir d’ici demain pour éviter toute cette déception à mon entourage. » Quelques jours après, un deuxième message : « Je me suis calmée. J’ai choisi d’oublier ce test, d’oublier cette douleur en attendant qu’elle me rattrape. J’avoue que c’est loin d’être intelligent comme décision. Mais je suis perdue, il n’y a personne pour m’aider. Je ne pourrai pas aller dans un centre voir un médecin, toujours la crainte qu’il me reconnaisse un jour quelque part. J’ai vu sur le net les étapes de cette maladie. Mon Dieu que j’ai peur, mais je l’attends je suis prête. Ma vie ne sert plus à rien. Pas d’enfants, ni de mari. »

Sandra : Donc il s’agit de Miranda qui vient d’apprendre sa séropositivité et qui, là, le ciel lui tombe sur la tête, elle est vraiment paniquée. Zina, comment pourrais-tu lui répondre ?

Zina : Je voudrais la rassurer. Lui dire que, actuellement le virus du sida, je ne vais pas dire que ce n’est pas grave mais actuellement il est très bien soigné. Pour ma part, ça fait 20 ans maintenant que je suis séropositive. J’étais exactement dans le même état d’esprit. Maintenant j’ai eu deux enfants qui vont très bien. Ca ne m’a pas empêchée de vivre une vie sentimentale. Je voudrais juste dire, Miranda, ta vie ne s’arrête pas là. Ce n’est pas parce que tu es séropositive, que ça y est, tout est fini. Surtout que, pour ma part, ça fait 20 ans, et il y a 20 ans, il n’y avait pas les moyens actuels, et je suis toujours là. Donc toi, c’est assez récent. Je veux dire maintenant, la médecine a fait quand même beaucoup de progrès et les étapes dont tu parles après, c’était valable avant. Maintenant si on prend bien son traitement, il n’y a pas de raison que les étapes de la maladie, arrivent jusqu’à la mort. Donc voilà Miranda, garde courage, et, c’est sûr que sur le coup comme ça, on a l’impression, effectivement, que le ciel nous tombe sur la tête. Et puis, après on se fait de nouveaux repères, et on s’aperçoit qu’on peut vivre malgré tout, et tout à fait normalement. Voilà.

Sandra : Tina, tu veux apporter toi aussi une réponse ?

Tina : Oui, en fait j’aimerai dire à Miranda que, en fait, on ne sait pas trop où elle habite. Ce message peut venir des 4 coins du monde. Donc si Miranda elle vit en Afrique, quelque part, on peut comprendre son message, parce que, c’est vrai qu’en Afrique, les gens, ils n’ont pas vraiment accès aux traitements, aux soins. Donc effectivement, là, on voit encore beaucoup de gens mourir du VIH. Mais si elle la chance d’habiter en France ou dans un pays européen, dans ce cas-là, il n’y a aucune raison de s’inquiéter de cette façon. Les choses sont tout à fait différentes. On a cette possibilité d’avoir des traitements qui permettent de vivre aussi longtemps qu’une personne séronégative, d’avoir des enfants séronégatifs et aussi, de vivre avec un homme séronégatif sans pour autant prendre le risque de le contaminer. Si Miranda vit en France, elle a beaucoup de chance, parce que l’avenir sera long pour elle.

Sandra : Ras Naya et Kaya Manga, si quelqu’un vous annonce sa séropositivité, un membre de votre famille, un ami. Quels seraient vos premiers mots ? Que pourriez-vous lui dire ?

Ras Naya : Tu sais, vraiment c’est terrible. C’est la famille. C’est un ami. Tu ne vas pas le rejeter. Donc je pense qu’il faut l’encourager. Aujourd’hui, comme mademoiselle disait tout à l’heure, ça fait 20 ans qu’elle combat la maladie et puis elle a fait de jolis enfants. Donc je pense qu’il faut être fort au fond de toi, parce que vraiment, c’est un virus qui fait tout le monde paniquer. Quand tu es déjà avec, tu n’as pas le choix. Donc, il faut suivre les traitements. Et puis je pense comme elle dit, elle a une jolie famille. Donc tu vois, j’encourage ceux qui ont cette maladie et j’espère vraiment que les chercheurs médicaux, français, européens, de la Terre, pourront trouver l’antidote possible pour avoir des petits enfants après. C’est très important.

Sandra : Kaya Manga ?

Kaya Manga : Il a presque tout dit. Mais en fait, le combat du sida, c’est un combat qui est dur et qui n’est pas prêt de tomber en quelque sorte. Si tu croises quelqu’un de ta famille, ou de tes amis, ou même que tu ne connais pas, je pense que s’il te dit qu’il a une maladie, même si ce n’est pas le sida, tu dois compatir avec lui de sa souffrance en fait. Si une personne qui a le sida, on sait bien ce que c’est le sida. Donc je crois plutôt, qu’il faut rapprocher la personne de toi pour essayer de trouver une solution, pour sa manière de vivre avec sa maladie, comment combattre ça, en quelque sorte.

Ras Naya : Et l’encourager.

Kaya Manga : Oui, l’encouragement, dès qu’il est près de toi c’est, déjà, tous les encouragements sont là quoi. Il faut arrêter de dire, tel a le sida, il faut l’ignorer. Je pense que, c’est un peu naïf, c’est la naïveté de l’homme en fait.

Ras Naya : Parce que ce n’est pas au niveau du toucher ou quoi. C’est au niveau de la sexualité, je pense. Pourquoi tu vas condamner une personne qui est malade ? Qu’est-ce que ça va changer pour toi ? Rien.

Sandra : Une réponse qui s’adresse à Miranda, mais aussi à toutes les personnes qui viennent d’apprendre leur séropositivité. Si vous aussi, vous souhaitez répondre à Miranda ou envoyez un message, vous pouvez le faire, sur le forum du site, survivreausida.net

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE

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