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Femmes séropositives | Grossesse et VIH | Jennyfer | Réseau national des correspondants du Comité des familles

Jennyfer, née avec le VIH, future maman « chouchoutée » par ses soignants, son chéri et sa famille

1er décembre 2011 (papamamanbebe.net)

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Sandra : Comment se passe le suivi de la grossesse de Jennyfer ? Comment a réagi sa famille et sa belle-famille ? Ecoutons Jennyfer.

Début du son.

Jennyfer : Moi, j’ai gardé exactement le même traitement qu’avant de tomber enceinte. J’ai Norvir, Prezista, Intelence et Isentress. Moi, essentiellement pour le suivi de la grossesse et infectieux, tous les mois, rendez-vous avec la gynécologue, comme toute grossesse. Après c’est juste que j’ai eu une échographie en plus. Sinon, j’ai l’infectiologue. Je vais au service tous les mois aussi faire le bilan. Là, j’ai un suivi beaucoup plus régulier, vraiment tous les mois, pour bien sûr, vraiment qu’il n’y ait pas de problème sur les résultats du bilan, que je ne sois pas... que d’un coup ça monte la charge virale ou quoique ce soit. C’est vrai que c’est tout. Bon après, sinon, j’ai les cours de préparation à l’accouchement et puis voilà (rires).

En prenant son traitement antirétroviral, Jennyfer combat le virus pour sa propre santé, mais protège son amoureux et le bébé d’une contamination. En effet, si une personne séropositive prend un traitement VIH, que sa charge virale est indétectable depuis 6 mois et qu’elle n’a pas d’autre IST (infection sexuellement transmissible), le risque de contamination VIH est quasi nul. On sait maintenant que les traitements, pris dans des conditions précises, protègent au moins aussi bien que le préservatif. Explications de Laurent Mandelbrot, chef de la maternité de Louis Mourier à Colombes, dans cet article

Sandra : Comment se comporte l’équipe médicale avec toi ?

Jennyfer : Très bien, la gynécologue, en revanche, elle, on ne parle pas forcément, il y a juste au début. Sinon, on ne parle pas forcément par rapport à la maladie. Et, pour l’infectieux, tout le service sait bien que je suis enceinte dès le début. Si jamais je ne me réveille pas pour aller à mon rendez-vous, c’est à 9h du matin, on m’appelle et puis on me dit de venir, même si je suis en retard (rires). C’est un peu quand même, comme on m’a dit : « tu es quand même un peu plus chouchoutée que les autres » parce que, bon bah, là c’est différent. Je crois que dans l’hôpital à Annecy, en fait, ce que la gynécologue me disait, c’est qu’elle n’avait pas eu de cas encore de femme séropositive, née séropositive, à l’hôpital. Donc moi, j’ai rigolé, j’ai trouvé ça marrant quoi. Mais, après, c’est vrai que, on sait qu’il n’y a pas de problème en ayant de bons résultats. Tout le monde est gentil. Si jamais j’ai un petit problème, je peux y aller tout de suite aussi. Tout le monde me demande, quand je passe au service : « alors, ça se passe bien » ? Et voilà quoi.

Sandra : Comment ton copain s’implique avec toi dans cette aventure ?

Jennyfer : Mon compagnon me demande toujours, même hors de la grossesse, déjà pour mes résultats. Là, c’est vrai que, il me demande un peu plus. Dès que j’ai mes résultats, je lui dis. Il me dit : « c’est très bien ». C’est vrai que moi, je n’arrivai pas à rester tout le temps indétectable et maintenant, je reste bien indétectable. Il va m’emmener au rendez-vous, il est venu avec moi à deux échographies, à la troisième, au 3 mois et à la dernière échographie. Après, bon, c’est vrai que c’est comme on peut. Je veux dire, parfois on travaille, on ne peut pas. Il est assez content, on a fait des achats. Il est venu aussi avec moi en consultation, chez l’infectiologue, pendant que j’étais enceinte, une ou deux fois. C’est naturel en fait.

Sandra : Et par rapport à la famille, ta famille à toi et la belle-famille, comment ça se passe ?

Jennyfer : Moi, mes parents, très contents (rires). Mais alors au début, c’était un petit peu pas sûr. Moi, ils l’ont su tout de suite en faite que j’étais enceinte. J’avais un peu peur du fait, pour les traitements, juste sur le coup quoi, pendant une semaine peut-être. C’est vrai que, dès que je leur ai dit, c’est bon, on garde vraiment le bébé,Ils étaient très contents. ils m’ont acheté pleins de choses déjà (rires). Ils sont très heureux de devenir grands-parents. Tout le monde l’accepte. Et en revanche, la famille de mon compagnon, on leur a dit, mais après les 3 mois.

Fin du son.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE

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