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Jacko, 52 ans, séropositif depuis 30 ans : « j’essaye d’apporter mon exemple de quelqu’un qui vit avec le VIH » aux jeunes

1er décembre 2011 (papamamanbebe.net)

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Sandra : Nous allons maintenant parler d’un projet du Comité des familles, c’est le projet Madeleine. Nino, est-ce que tu connais ce projet ?

Nino : Oui j’ai entendu parler du projet Madeleine.

Sandra : Est-ce que tu peux expliquer ce que c’est ou pas ?

Nino : Non.

Sandra : C’est des personnes séropositives qui témoignent de leur vie avec le VIH, auprès des jeunes dans des collèges et lycées. A l’émission du 22 novembre 2011, Tina avait dit que ce serait le fil conducteur du Mini couscous. Je vous en rappelle la date et le lieu : ce sera le samedi 3 décembre 2011, à Saint-Denis, et les inscriptions se font auprès du Comité des familles au 01 40 40 90 25, et d’ailleurs, les places sont limitées. Donc, si vous voulez vous inscrire, c’est maintenant. Jacko, participe au projet Madeleine, et il va nous dire ce qu’il raconte aux jeunes, dans quel but et ce que les jeunes retiennent de son intervention.

Début du son.

Jacko : Je m’appelle Jacko, j’ai 52 ans, je suis séropositif depuis 30 ans, sous traitement depuis 1989 et après 11 trithérapies et quadrithérapies, bon bah voilà, ça va. Faut pas se plaindre. Il y a des hauts et des bas mais ça va l’un dans l’autre. Quand j’ai entendu parler du projet Madeleine, j’étais assez content puisque, c’était quelque chose que j’avais tendance à faire déjà de mon côté un peu, mais à titre personnel quoi. D’aller parler aux jeunes, et donc, je m’étais dit, c’est bien, ça va permettre de faire un truc un peu plus structuré avec une organisation derrière et tout ça.

Ce que je raconte aux jeunes, ça va être un peu en fonction de la thématique de la personne qui m’a invité veut aborder quoi. Je me suis adressé aussi bien à des jeunes dans le Midi Pyrénées, à Cahors, qu’à des jeunes de seconde dans une école catholique, donc, qui n’étaient pas du tout vraiment au fait ni de la sexualité, ni de quoique ce soit. J’en ai parlé aussi à des jeunes dans un stage de CFA, centre professionnelle adulte, dans le 15ème arrondissement, avec une toute autre population. Donc en fait, en fonction des personnes avec qui tu vas discuter, tu vas aussi adapter ton dialogue. Tu ne peux pas parler de la même façon à tout le monde. Si tu t’adresses à des jeunes de quartier, il faut leur tenir un certain discours, que tu ne vas pas forcément tenir à d’autres adolescent qui ont été élévé dans d’autres conditions. C’est ma façon de voir les choses en tout cas. Mais bon, le message de base étant, de toute façon, quelque soit le public auquel je m’adresse, c’est bon évidemment de se protéger, ça c’est la moindre des choses, mais on n’invente pas l’eau chaude en disant ça quoi. Et puis que, au cas où, justement on se trouve dans la situation, d’être confronté avec cette maladie, que ce n’est pas non plus, même si effectivement, il y a sûrement plus marrant dans la vie, mais que, on peut quand même vivre, que c’est quand même gérable, et que voilà quoi, j’essaye d’apporter mon exemple, de quelqu’un qui vit avec depuis une trentaine d’année.

Moi, je me présente un petit peu comme un répulsif à tout ce qui est pratique à risque, de toxicomanie, les drogues et tout ça. C’est plutôt comme ça qu’ils le perçoivent. Quand je te dis qu’on peut vivre avec, je ne suis pas en train de le faire passer le message, allez-y, vous protéger pas parce que de toute façon, on peut vivre avec, ce n’est pas ça du tout. C’est que, si vraiment, il y a des choses, quand je dis qu’on peut vivre avec, c’est plus, au niveau, même quand il y a des choses dures, on peut les assumer. C’est plus dans cet esprit-là. En revanche, je leur explique bien ce que moi, le VIH m’a causé, à titre personnel, et je te dis franchement, à commencer par les adolescents qui sont les fils de mes amis, il n’y en a pas un qui a envie de se défoncer. Parmi tous les enfants de mes amis, il y en a plusieurs qui sont en âge de vraiment basculer d’un côté ou de l’autre, qui ont 17 ans, 16 ans, 15 ans et bah, pour tous, s’il y a quelqu’un qui peut leur parler de la drogue et qui va leur éviter d’en prendre, c’est moi. Même leurs parents me les envoient pour ça si tu veux, parce qu’ils savent exactement, que moi, une fois que les gens, ils sont passés avec moi, ils ne trouvent pas ça funky du tout. Ils savent exactement ce que ça fait après. Parce que, même si Jacko il est sympa, même si Jacko il écoute du rap et qu’il se sape comme les jeunes, Jacko il est quand même tout seul, il a 52 piges, il ne risque pas d’avoir de gosse, il ne risque pas de faire de famille et la seule opportunité qu’il a, c’est le matin, de se lever et de bouffer 10 cachets. Donc si tu veux, quelqu’un part, ça ne les fait pas rêver quand même. Il y a plus kiffant sur la planète. Même si en ce moment ce n’est pas terrible, mais c’est quand même pas vers ça qu’ils ont envie d’aller.

Fin du son.

Sandra : Vous venez d’écouter Jacko. Nino, parler de sa séropositivité à des jeunes, expliquer réellement ce que c’est de vivre avec le VIH, qu’en penses-tu ?

Nino : C’est une très bonne idée. Moi je soutiens Jacko, je risque même de me joindre à Jacko. C’est pour que ces jeunes comprennent assez tôt, ce que c’est le VIH, de se protéger. Et aussi, une façon de leur dire avec le VIH, si un jour, ils se retrouvaient dans cette situation, que ce n’est pas impossible de vivre. Ce n’est plus le VIH des années 80. C’est, en prenant tous ses traitements, en respectant ses rendez-vous à l’hôpital, on peut vivre normalement, créer et fonder une famille, faire tout ce qu’un homme normal peut faire. Ce n’est pas la fin du monde si on se retrouve avec le VIH. Donc, l’idée de Jacko vraiment, chapeau à Jacko, et je vais me joindre à Jacko.

Sandra : Et chapeau aussi au Comité des familles.

Nino : Oui, au Comité des familles, c’est un projet qui fait partie de la Maison des familles. Donc chapeau au Comité des familles aussi.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE

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