Couples concernés par le VIH | Gilles Pialoux | Sexe et sexualité
Pourquoi est-ce important de venir à deux en consultation pour un couple sérodifférent ? (avec Gilles Pialoux)
1er décembre 2011 (papamamanbebe.net)
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Écouter: Pourquoi est-ce important de venir à deux en consultation pour un couple sérodifférent ? (avec Gilles Pialoux) (MP3, 2.1 Mo)
Sandra : On va écouter Gilles Pialoux qui va nous donner la définition de la prévention positive.
Début du son.
Gilles Pialoux : C’est un jeu de mot sur le fait que, c’est une notion qui pousse de l’avant, quelque chose de positivisme, d’une part, et le fait que, on peut considérer des personnes séropositives, aussi, comme acteurs de prévention, en ciblant, les personnes qui leur sont partenaires ou leur partenaire au singulier. En gros, ce que moi j’appelle l’exemple de la prévention positive, c’est le fait que, dans les boxes de consultation, vous avez toujours deux sièges. Vous avez toujours un seul siège d’occuper, sauf, dans un cas de figure qui est la procréation médicalement assistée où là, les couples viennent. Mais en règle général, vous voyez jamais le partenaire. Or, le partenaire, il a besoin de savoir qu’on peut, péter un préservatif et être dans des conditions d’exposition aux risques et bénéficier d’une prophylaxie post-exposition. Il peut savoir que le traitement protège, il peut savoir tout un tas d’information. Il faut avoir accès, à la personne partenaire de la personne séropositive. C’est ça pour moi. Après, pourquoi ça s’appelle prévention positive, je crois que ça vient du terme, c’est de l’anglophonie. Ce n’est pas les français qui ont décidé de cette appelation-là.
Sandra : Dans le rapport nouvelles méthodes de prévention, il est dit que :« Les personnes vivant avec le VIH ont des besoins de prévention spécifiques. Ces besoins justifient un programme de santé sexuelle que nous appelons, à la suite d’autres pays, prévention positive ». Qu’entendez-vous par programme de santé sexuelle ? Est-ce cela signifie que la prévention positive concerne uniquement la sexualité des personnes séropositives ?
Gilles Pialoux : Non, la prévention positive concerne uniquement les personnes séropositives et pas, uniquement leur sexualité. Ca, c’est le premier point. Le deuxième point, c’est que, quand on dit que les personnes séropositives ont des besoins spécifiques de sexualité, c’est que vous n’avez pas les mêmes questions ou pas les mêmes prestations médicales, pas les mêmes besoin d’information. Je veux dire aussi, la technicité d’un certain nombre de prélèvement, quand vous êtes gay à partenaire multiple, hétérosexuelle en mono partenaire, hétérosexuelle à multi partenaire, hétérosexuelle dans un couple stable avec besoin d’enfant ou avec désir d’enfant. Et je pense que, ces questions sont assez spécifiques et renvoient, pas forcément à des centres de santé sexuelle. Ce n’est pas ça qu’on voulait dire. Mais en tout cas, envoient à des consultations spécialisées et des spécialistes, que ce soit, pour les femmes, que ce soit pour les transsexuelles, que ce soit pour les gays, que ce soit pour les migrants avec les problèmes aussi d’accès à une information intelligible dans leur langage. On croit vraiment que la sexualité n’est pas, en tout cas pour les personnes séropositives, parce qu’elle est forcément plus technique et pas, je dirai, on ne peut pas avoir une réponse uniforme. Faut avoir une réponse adaptée. Tant mieux s’il y a des cliniciens ou des associatifs qui savent répondre à toutes formes de question sous toutes formes de sexualité. On pense qu’il peut avoir une certaine forme de spécialisation dans la réponse.
Sandra : Mais alors, la prévention positive, à part la sexualité, ça regroupe quoi d’autres ? Ca touche quels domaines dans la vie d’une personne séropositive et de son partenaire ?
Gilles Pialoux : Ca couvre tout le champ du questionnement du ou des partenaires. Donc, ça va de, ce qu’on entend souvent à l’annonce de la séropositivité, c’est-à-dire, les questions de la vie quotidienne, les toilettes, partage de rasoir, partage de brosse à dent, tout ce qu’on entend généralement à la première consultation d’annonce d’une séropositivité. Donc ça, c’est le côté vie quotidienne. Il y a le côté de la sexualité, doit-on se protéger ? Dans quel type de rapport ? Qu’est-ce que la réduction des risques sexuelles ? Comment, dans certains rapport, que ce soit des couples, hommes-femmes, des couples hommes-hommes, on peut diminuer, considérablement, comme vous le savez, le risque. Même si ce n’est pas 100%, c’est une réduction des risques très importante. Notamment avec le TasP. Ces informations-là, elles peuvent être, véhiculées par la personne séropositive ou véhiculées par le soignant ou l’associatif, directement aux personnes concernées, c’est-à-dire aux partenaires. Et puis, ça couvre aussi effectivement, la question du désir d’enfant et de la façon de procréer. Après, il y a tout l’arbre je dirai de décision, les IST, les rapports pendant les règles, les coupures accidentelles, tout ce qui concerne la vie quotidienne et pas seulement la sexualité.
Fin du son.
Sandra : Gilles Pialoux dit qu’il y a deux sièges en consultation, un pour la personne séropositive et l’autre pour le partenaire ou la partenaire qui n’est pas séropositive ou séropositive. Selon toi, est-ce que tu penses que c’est important de venir à deux en consultation, si on est en couple ?
Nino : Oui, je pense que c’est très important.
Sandra : Pourquoi ? Admettons, je ne connais pas ta vie personnelle mais, je fais une hypothèse. Si tu es avec quelqu’un, cette personne-là n’est pas séropositive, est-ce que tu aimerais que ta partenaire vienne avec toi en consultation ?
Nino : Mais bien sûr, c’est très important.
Sandra : Mais pourquoi ?
Nino : Mais parce qu’elle doit connaître ta santé, comment ça évolue et aussi, elle doit se faire contrôler. Pour moi, c’est très important.
Sandra : Mais, admettons que si tu lui expliques, toi-même, ce qui se passe pour toi, tu penses qu’elle vienne en consultation c’est encore mieux ?
Nino : Oui, c’est mieux. Pour moi c’est mieux. C’est le médecin qui doit expliquer par rapport à moi. Moi, je ne suis pas médecin. Je veux bien lui expliquer en montrant à ma partenaire mes résultats, mes examens et tout. Mais pour mieux comprendre, pour moi, c’est de venir chez le médecin. Le médecin va mieux l’expliquer.
Transcription : Sandra JEAN-PIERRE
