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En Saône-et-Loire, Jean-François, en couple sérodifférent, veut apporter son expérience aux séropositifs de sa région
20 janvier 2012 (papamamanbebe.net)
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Écouter: En Saône-et-Loire, Jean-François, en couple sérodifférent, veut apporter son expérience aux séropositifs de sa région (MP3, 5.2 Mo)
Sandra : Jean-François, qui est un correspondant du Comité des familles. On part dans la Sôane-et-Loire, dans le 71. Tina, tu sais où c’est la Sôane-et-Loire ?
Tina : Vaguement mais... Non, je ne suis pas très bonne en géographie.
Sandra : Moi non plus donc bon, je n’ai rien à dire. Donc c’est dans le 71, il habite à Cronat. Il sera aujourd’hui papa pour la 3ème fois. Il vit en couple sérodifférent. C’est lui qui est séropositif et il souhaite organiser des activités pour les familles vivant avec le VIH. On s’est parlé au téléphone hier, je vous propose de l’écouter.
Début du son.
Jean-François : Je m’appelle Jean-François. J’ai 45 ans. Je suis marié. Nous, nous sommes un couple sérodiscordant avec deux enfants et le troisième est prévu pour demain. J’habite sur la région de Cronat qui est située en Saône-et-Loire avec la frontière de l’Allier. Donc en fait, je vais à l’hôpital de Moulin me faire suivre. Mais je ne suis pas très loin de Nevers également. Je fais parti de l’association la Maison des familles depuis maintenant plusieurs années. Donc avant j’étais sur Paris où j’étais souvent à l’association pour discuter de toutes les choses qui peuvent se rapporter à la maladie. Et donc maintenant, je suis basé sur Cronat. Puis j’essaye d’apporter mon expérience de l’association aux personnes qui en ont besoin, qui sont dans les alentours, qui se sentent seules et surtout partager mon expérience et puis aussi de montrer les couples sérodiscordants bah c’est possible, ils peuvent avoir des enfants. Donc ensuite, par rapport à mon suivi médical, je suis en traitement depuis 2004. Tout va bien. Je supporte bien le traitement. Je n’ai pas de problème. J’ai des bons CD4, tout va bien. Je suis en activité professionnelle, je suis chef de cuisine. Donc voilà pour la présentation.
Sandra : Très belle présentation, très complète. Tu dis que tu es correspondant du Comité des familles. Donc toi, ce dont tu as envie de parler c’est, comme tu vis en couple sérodifférent, tu dis que voilà, c’est possible de faire des bébés. Est-ce que tu peux expliquer comment vous, vous avez fait pour faire des bébés ?
Jean-François : Nous, les deux premiers qu’on a fait, on les a fait, parce que je ne savais pas que j’avais le HIV à l’époque. Donc bon, on a eu la chance que les bébés n’aient rien eu. Quand au dernier, on a longtemps hésité. Mais c’est suite à la manifestation qui avait eu sur Paris où il y avait les médecins suisses qui donnaient leur avis, où là, on a pu quand même poser beaucoup de questions, avoir des renseignements qui étaient quand même précis. C’est grâce à ces informations que là, on a décidé de faire le 3ème enfant, qu’on a fait. On n’a pas eu de soucis de co-infection ou de quoique ce soit. Donc ça voulait dire que les informations sont quand même fiables. Nous, on est passé par manière naturelle. Par rapport aux informations charge virale indétectable égale peu de transmission de virus, bon bah nous, on a décidé de le faire, de se lancer, malgré le risque qu’il peut y avoir. C’est vrai que le risque zéro n’existe pas. C’est bien ce que nous ont expliqué les médecins, mais que, selon leur connaissance, pour eux, il y avait eu très peu de cas. Donc nous, on s’est lancé. On a fait ça de façon naturelle. Jusqu’à présent, on n’a pas eu de soucis. Ma femme est toujours négative. Donc voilà quoi.
Après, c’est vrai qu’à l’association, il y a différentes activités. Il n’y a pas que les activités de la vie en couple sérodiscordant. Il y a aussi des activités pour les enfants, il y a quand même beaucoup de choses. On parle quand même de beaucoup de choses. Par rapport au traitement, par rapport aux arrêts des cachets si c’est possible. Il y a plusieurs sujets qui sont intéressants, qui peuvent intéresser plusieurs personnes et qui sont bons à développer, surtout quand on a très peu d’informations, quand on se trouve comme nous, en province quoi, où c’est vrai que les gens ont du mal à fréquenter d’autres séropositifs et puis d’avoir des réponses aux questions qu’ils se posent quoi.
Moi, je suis suivi donc à l’hôpital de Moulin, avec le médecin qu’il y a là-bas. C’est une femme qui est la seule médecin qui s’occupe des séropositifs, qui, une fois par mois, fait réunir justement, les gens qui sont séropositifs. Donc, on a un petit groupe de parole là-bas. On est une dizaine, voir une douzaine, on peut peut-être monter jusqu’à 15 parfois. On fait des activités une fois par mois. Bon, c’est aussi bien sur la sexualité, que sur la sophrologie, que sur différents thèmes quoi. C’est vrai que là, on est un tout petit groupe. On n’a pas trop de moyens. Les gens ne savent pas trop comment s’y prendre pour faire venir des médecins et tout ça. C’est vrai que, mon expérience que j’ai eu avec l’association, et les contacts que j’ai encore avec vous, je pense qu’on peut encore développer ça, pour que ce soit un peu plus intéressant et avoir des médecins qui peuvent nous expliquer par rapport à beaucoup de choses quoi.
Sandra : Ce que tu attends du Comité des familles, c’est qu’il y ait un échange en fait ? Donc du coup, avec les médecins qu’on rencontre, qu’on puisse t’aider pour que, dans votre groupe de parole, vous puissiez aussi rencontrer des médecins, qui pourraient parler de sujets qui vous intéressent.
Jean-François : Voilà, dans un premier temps, c’est vrai que ça m’intéresse par rapport à mon groupe. Bon, maintenant, c’est vrai que, aussi par rapport à l’association, moi je sais qu’il y a très peu de gens qui veulent venir à l’hôpital, parce que là-bas, on peut les reconnaître ou quoique ce soit. Donc c’est vrai que j’ai la chance d’habiter dans un lieu qui est isolé. Moi je suis prêt à recevoir les gens chez moi pour leur apporter toute l’expérience que j’ai par rapport à l’association pour essayer de suivre le modèle que nous, on avait sur Paris par rapport aux différentes activités. Notamment pour les adultes, pour les enfants, quand on faisait les soirées cinéma, quand on faisait les pique-nique. Il y a quand même beaucoup d’animation qu’on fait sur Paris, qui peuvent se faire aussi ici. Mais bon, pour ça, il faut avoir du monde.
Sandra : Comment on fait pour te contacter Jean-François ?
Jean-François : Pour me contacter c’est simple. Mon portable. Moi c’est 06 67 79 22 66. C’est le meilleur moyen pour avoir un contact direct, pour essayer de se rencontrer et discuter de tout ça. Qu’ils n’hésitent pas surtout à m’appeler. Je suis quelqu’un qui respecte la discrétion parce que c’est quand même un des critères de l’association. Donc, par rapport à ça, il n’y a pas de crainte. Bon, moi comme je l’ai dit, je suis dans un lieu isolé où j’ai quand même beaucoup de place et tout ça, que ce soit aussi bien, les célibataires que les gens en couple ou que les gens avec des enfants. Ils peuvent venir partager avec des enfants l’expérience de tout ça, parce que, mes enfants sont au courant pour la maladie. Qu’ils n’hésitent pas surtout à appeler. Il n’y aura pas de jugement. Je suis quelqu’un de très simple et de très ouvert. J’essayerai de répondre à toutes les questions qu’ils peuvent se poser, voilà, autour d’un bon repas, d’un bon café, quelque chose qui soit détendu dans une atmosphère qui change de l’hôpital justement. Puis comme ça, on peut partager un petit peu tous nos savoirs et nos connaissances.
Fin du son.
Sandra : C’était Jean-François. Le nouveau correspondant du Comité des familles à Cronat. Tina, est-ce que tu es contente qu’il y ait un correspondant à Cronat, en Saône-et-Loire, donc dans le 71 ?
Tina : Oui, je trouve que c’est formidable. Je connais bien sûr très bien Jean-François que je salue chaleureusement à cette occasion. Je félicite son engagement qu’il avait déjà quand il était sur Paris et qu’il continue dans sa région. Je pense que, même dans les coins les plus perdus de la France, de pouvoir rencontrer des personnes qui vivent avec le VIH quand on est soi-même concerné, c’est extrêmement important. C’est vrai que, Jean-François, il a beaucoup d’expérience. Il a beaucoup participé a des événements. Je pense qu’il est vraiment ouvert à la discussion. Je pense que beaucoup de choses sont possibles, autant dans le domaine convivial, familial et vraiment l’échange d’information, d’expérience et je trouve que c’est vraiment super.
Sandra : Jean-François dit qu’il aimerait bien qu’il y ait un échange entre les membres du Comité des familles à Paris et ceux qui sont à Cronat. Il aimerait que ce soit dans un premier temps, les membres du Comité qui viennent là-bas pour discuter avec les séropositifs là-bas, pour qu’ils puissent échanger leur expérience. Puis ensuite, dans un deuxième temps, est-ce qu’il serait possible que des médecins viennent, qu’on fasse un échange ?
Tina : Sur le premier point, je dirai merci beaucoup pour l’invitation. Je pense que à nous parisiens, ça nous fait du bien de venir un peu prendre l’air dans une belle région de la France. Puis en plus, lier ça avec une activité de sensibilisation ou bien d’échange avec des personnes, faire une action, un groupe de parole, dans cette région. Je trouve que c’est super. Effectivement, c’est difficile quand on est seul, quand on se lance activement dans la démarche d’un correspondant, quelque soit le coin de la France, et que au début on est un peu seul, on s’agite beaucoup. Je vois que, Jean-François a beaucoup de volonté, beaucoup de générosité. C’est au début, parfois long, avant de trouver d’autres personnes qui ont le courage au final d’accrocher et de joindre ce mouvement. Donc, il faut tenir au début. Nous, on est bien sûr là pour soutenir, que ce soit Jean-François ou les autres correspondants. C’est une super occasion de venir voir Jean-François.
Ensuite, la question des médecins, il faut voir ça ensemble, il faut voir des médecins qui sont dans la région, qu’on peut contacter, à qui on peut parler, demander d’intervenir. Je pense que c’est tout à fait faisable. Encore il faut trouver des médecins qui ont cette générosité comme ici, les médecins en Ile-de-France, qui viennent régulièrement et bénévolement, intervenir à l’association, pour des ateliers sur des sujets précis, donc je pense que c’est tout à fait faisable de trouver des médecins aussi engagés, dans sa région. En tout cas je l’espère.
Sandra : Je donne à nouveau le numéro de Jean-François puisqu’il a donné son numéro de portable. Si vous souhaitez le contacter c’est au 06 67 79 22 66. Vous pouvez aussi laisser un message sur le site papamamanbebe.net.
Transcription : Sandra JEAN-PIERRE
