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Faire un bébé quand on est séropositif | Grossesse et VIH

Sida : un bébé, est-ce possible ?

18 janvier 2004 (doctissimo.fr)

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Sida : un bébé, est-ce possible ?

Avoir un bébé en bonne santé quand l’un des conjoints est séropositif, c’est possible. Le principal problème est alors le risque de contamination du partenaire ou de l’enfant. La procréation médicalement assistée apporte plusieurs solutions pour limiter les risques…

Depuis l’arrivée des trithérapies, de nombreux couples où l’un des partenaires est séropositif expriment un désir légitime d’enfant. Dans ce cas, les risques de transmission horizontale (entre les partenaires) du Virus d’Immunodéficience Humaine (VIH) et les risques de transmission verticale (de la mère à l’enfant) sont bien sûr les plus importants. La procréation médicalement assistée (PMA) peut apporter des solutions à ces couples dits “sérodifférentsâ€?, même si cela pose de nombreux problèmes, qu’ils soient d’ordre médical ou d’éthique.

IAD : seule méthode sans risque

Dès la fin des années 80, beaucoup de couples où l’homme était séropositif se sont tournés, et se tournent encore, vers l’insémination artificielle avec sperme de donneur (IAD). Cette méthode présente l’avantage d’un risque de transmission nul. Pour y avoir accès, les couples doivent répondre à des critères stricts : bonne santé de l’homme, suivi médical régulier, notamment de la charge virale, et protection extrêmement stricte dans la vie sexuelle. Les demandes sont examinées au cas par cas par une équipe composée notamment d’un médecin généraliste, d’un gynécologue et d’un psychologue. Une dizaine de couples en sont déjà à leur deuxième enfant grâce à cette technique.

La méthode naturelle trop risquée

Mais la technique de l’insémination artificielle avec donneur n’apporte pas la solution aux couples souhaitant une filiation biologique. Aussi, au début des années 1990, l’hôpital Cochin proposait l’utilisation de la méthode naturelle, associée à un suivi médical. Cette démarche était basée sur un rapport sexuel unique non protégé lors de l’ovulation de la femme, qui aurait permis de limiter le risque de contamination. Début 1998, cette méthode a été arrêtée suite à un avis défavorable du Comité consultatif national d’éthique et du Conseil national du sida. Outre le risque de contamination du partenaire, certains spécialistes soulignent que la démarche est comprise par les couples comme une incitation à avoir des rapports non protégés.

Deux possibilités d’aide médicale à la procréation

Depuis que cette méthode naturelle n’est plus proposée aux couples, deux possibilités existent lorsque l’homme est séropositif : L’ICSI (Intra cytoplasmic spermatozoid injection) et l’insémination avec préparation du sperme.

L’ICSI est en fait une fécondation in vitro dans laquelle un seul spermatozoïde est injecté directement à l’intérieur de l’ovule. Le risque de contamination du partenaire est donc extrêmement faible. La possibilité de transmission directe du virus à l’embryon par cette technique est en revanche inconnue, même si le virus ne se retrouve théoriquement pas dans les spermatozoïdes.

L’autre technique possible est l’insémination intra-utérine avec préparation du sperme : les spermatozoïdes mobiles sont isolés du reste du liquide séminal. On vérifie que le virus n’est pas présent dans le prélèvement préparé avant de l’injecter dans l’utérus. Même si cette technique semble plus risquée que l’ICSI (plusieurs millions de spermatozoïdes se retrouvent dans l’utérus), les résultats obtenus en Italie ou en Allemagne semblent montrer que cette technique est efficace et sans risque pour le partenaire.

En France, ces deux techniques de procréation médicalement assistée sont accessibles selon des conditions très strictes : l’homme doit avoir un taux de lymphocytes (cellules du système immunitaire) élevé et une charge virale indétectable ou très basse. Dans tous les cas, ces deux méthodes ne garantissent pas un risque zéro.

Quelles solutions pour les femmes séropositives ?

L’assistance médicale à la procréation peut également venir en aide aux couples où la femme est séropositive. Dans ce cas, une insémination artificielle peut-être pratiquée. Les couples peuvent même, grâce aux indications d’un gynécologue, pratiquer eux-mêmes cette insémination.

Le principal problème dans le cas d’une séropositivité de la femme est la transmission mère-enfant : en dehors de tout traitement, le risque de contamination est d’environ 20 %. Néanmoins, ce pourcentage a été ramené à moins de 1 % grâce aux nouveaux traitements antiviraux, associés à une césarienne (car le risque de transmission est élevé au moment l’accouchement). De plus, le risque de transmission lié à l’allaitement peu être éliminé par l’utilisation de lait en poudre pour bébés.

Certes, il existe une incertitude sur la toxicité des traitements antiviraux pris lors de la grossesse. Une étude* a ainsi rapporté une augmentation de la fréquence des atteintes neurologiques chez les enfants de mères séropositives sous trithérapie. Cependant, ces résultats devront être confirmés par d’autres travaux.

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