À propos du Comité des familles pour survivre au sida | Les médias parlent des familles vivant avec le VIH | Méga couscous des familles vivant avec le VIH
Des séropositifs réunis à La Courneuve pour un « méga couscous »
12 décembre 2005 (AFP)
Réagir à cet article | Recommander cet article | Votez pour cet article
LA COURNEUVE, 11 déc 2005 (AFP) - Une quarantaine de séropositifs ou de proches de malades majoritairement issus de l’immigration se sont réunis dimanche à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) à la cité des 4.000 pour un « méga coucous » convivial.
« C’est une occasion festive pour montrer que nous sommes fiers d’avoir survécu à l’épidémie », explique Reda Sadki, président du « Comité des familles pour survivre au sida », organisateur de l’événement.
Pour des séropositifs souvent rejetés par leurs familles, ce « diwane » (fête) est l’occasion de rompre l’isolement dans lequel les relègue la maladie.
« Le Sida est tabou dans la communauté musulmane. Il est associé à l’homosexualité, à la prostitution, à la drogue... il est haram (péché, ndlr). Ici nous pouvons parler avec des gens qui nous ressemblent, trouver un peu de chaleur », explique Ahcène, un des piliers de l’association.
Le repas est aussi l’occasion d’attirer l’attention des médias sur les problèmes spécifiques des séropositifs issus de l’immigration. « Les associations comme Aids ou Act Up sont issues de la communauté homosexuelle blanche. Le problème, c’est qu’elles ne connaissent rien aux réalités de l’épidémie aujourd’hui » dans la communauté issue de l’immigration, souligne Reda Sadki.
« Extrême précarisation » des séropositifs, manque d’information à destination des populations pauvres et immigrées, problèmes liés à la procréation dans les couples hétérosexuels contaminés... autant de difficultés ignorées des pouvoirs publics et des associations classiques, selon le comité qui veut les porter sur la place publique.
Le comité a été créé en juin 2003 autour de mères de la cité des 4.000, et réunit aujourd’hui 200 familles de la région parisienne, selon son président.
Selon l’Institut de veille sanitaire (Invs), les populations d’origine étrangère sont particulièrement vulnérables à la contamination. En 2004, la moitié des personnes qui ont découvert qu’elles étaient séropositives en Ile-de-France étaient originaires de l’Afrique subsaharienne.
