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Un couscous contre l’isolement des séropositifs

12 décembre 2005 (Le Parisien)

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LE BONHEUR, c’est simple comme un couscous. C’était écrit sur les visages de la quarantaine de séropositifs et de proches rassemblés hier à La Courneuve dans les locaux de l’association Africa. Le second « diwane » (fête) organisé par le Comité des familles pour survivre au sida, pour « sortir les malades de leur isolement », « montrer la fierté d’avoir survécu » et « interpeller sur les ravages de l’épidémie en banlieue », a même attiré dans la Cité des 4 000 des amis de Lyon et de Reims.

Ce comité, qui réunit 200 familles d’Ile-de-France, a été créé en juin 2003 autour de quelques mamans du quartier. « Africa avait vu partir une trentaine de jeunes victimes du sida sans que personne n’en fasse état, raconte Réda Sadki, son président, lui-même confronté à la maladie dans son couple. Il y a depuis toujours un énorme décalage entre les associations et la réalité de la rue. Sur les 7 000 personnes contaminées cette année, plus de la moitié sont des immigrés ou des enfants d’immigrés, habitant la banlieue et pauvres. »

La Seine-Saint-Denis est le deuxième département le plus touché d’Ile-de-France après Paris. « On est nombreux en banlieue, mais il n’y a rien autour de nous, confirme Christine, une malade d’Ivry (Val-de-Marne). Près de chez moi, il n’y a qu’une antenne d’Aides. Pendant dix ans, je suis restée seule avec mes enfants et ma maladie. L’hôpital et Internet étaient mes seuls liens avec l’extérieur. »

Hier, le couscous de Zakia et Youssef, les douces mélodies d’une jeune chanteuse algérienne et la chaleur des habitants du quartier lui ont redonné le sourire. « Se retrouver à plusieurs, c’est hyperimportant pour le moral », dit-elle.

Pour Dalila, de Gonesse (Val-d’Oise), cela permet aussi de répondre à des questions, car « il y a encore de gros problèmes d’information » et « des perdus de vue qui se cachent parce que leur maladie est mal vue par leur religion ».

« S’il y a autant de séropositifs en banlieue, c’est parce que les pouvoirs publics les ont toujours abandonnés, dénonce Réda Sadki. Le préservatif à 1 F promis il y a dix ans, les seringues en vente libre, on les attend toujours. »

Eric Bureau

Photos


LA COURNEUVE, HIER.

LA COURNEUVE, HIER.

Dans les locaux de l’association Africa, une quarantaine de seropositifs ont trouve de la chaleur autour d’un couscous.

Documents joints

L’article du Parisien Seine Saint-Denis (PDF, 131.9 ko)

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