Skip to main content.

Enfants concernés par le VIH | Suisse

L’Éducation nationale discrimine les enfants séropositifs : le témoignage de Pancho, fier papa d’une adolescente vivant avec le VIH

12 mai 2006 (papamamanbebe.net)

3 Messages de forum | Réagir à cet article | Recommander cet article | Votez pour cet article

Suite à la lettre ouverte de Catherine [1] dans laquelle elle racontait la discrimination subie par sa fille à l’école de la République, l’émission reçoit l’appel de Pancho, veuf, père lui-même concerné d’une adolescente séropositive qui a subi des discriminations dans le cadre d’un échange scolaire :

Bonjour Reda.

Je t’écris pour dénoncer un cas de discrimination et d’exclusion de ma fille par la directrice de l’école de Gravesson dans les bouches du Rhône.

Ma fille Elodie devait participer à un échange scolaire, avec la commune de Gravesson qui est jumelée avec la commune de Thônex en Suisse.

Je participe en tant que témoignant au « Projet écoles » [2] ici en Suisse. J’avais demandé aux responsables suisses depuis le début de l’année scolaire de transmettre l’information à la directrice ainsi qu’aux parents de la correspondante de ma fille, ce qui fut fait côté suisse. Lors de plusieurs entretiens téléphoniques entre la directrice de Gravesson et la maîtresse de ma fille, elle a dit que quelque chose avais été fait.

A l’arrivée des enfants de Gravesson, j’ai reçu chez moi deux enfants, et le soir ma fille a pris ses médicaments comme d’habitude sans ce cacher. Les enfants ont demandé le pourquoi de ces pilules et Elodie leur a dit que c’était pour le sida.

J’ai été surpris d’apprendre que la directrice n’avait pas fait son travail d’information. Le lendemain je lui ai expliqué ce qui c’était passé. Elle a d’abord nié qu’on lui avait transmis l’information, ce qui est totalement faux.

Arrivée dans son village avec ma carte et une carte du Projet ecoles en poche où il y a toutes les adresses des associations suisses et françaises de lutte contre le sida,elle est descendue de l’autocar paniquée et a très mal annoncée la nouvelle aux parents. Réaction : tout le village n’a pas dormi de la nuit, et le lendemain ils ont emmenés les enfants chez un généraliste pour les faire contrôler. Ce généraliste leur a dit qu’il y avait un petit risque, ce qui est faux. Je ne connais pas de cas de transmission d’enfant à enfant. Résultat : Elodie ne participera pas à cet échange, parce que les familles ne veulent pas la recevoir. Suite à quoi ils m’ont proposé de la loger chez le médecin du village, ce que j’ai refusé en disant que ma fille ne partais pas en quarantaine et que c’était une insulte pour nous.

J’ai fait intervenir Didier Durant de Lyon. Après une heure de discussion avec cette directrice, elle a dit qu’on aurait pu lui transmettre l’information mais qu’elle n’en gardait pas le souvenir.

J’aimerait dénoncer ce cas en France. Ma fille est terriblement touchée et moi aussi. Nous vivons parfaitement bien dans notre quartier où tout le monde est au courant. Nous sommes parfaitement acceptés depuis 13 ans, l’ayant annoncé aux parents des autres enfants lors d’un témoignage dans ma commune où je leur ai annoncé qu’il y aurait un enfant séropositif à l’école et que c’était mon enfant. Depuis, Elodie est parfaitement heureuse avec ces camarades et autres parents qui ne nous ont jamais rejetés.

Pancho

Notes

[1] Lire et écouter Lettre ouverte d’une mère séropositive aux messieurs de la Plateforme interassociative de prévention (PIP).

[2] Lire et écouter Madeleine, séropo depuis 18 ans : pourquoi ne peut-on pas se rendre dans les écoles pour parler du sida ?.

Forum de discussion: 3 Messages de forum

Suivre la vie du site S'abonner au forum de cet article (RSS)


Réagir à cet article