Skip to main content.

Aline | À propos du Comité des familles pour survivre au sida | Denis Méchali | Les médias parlent des familles vivant avec le VIH | Madeleine Amarouche | Méga couscous des familles vivant avec le VIH

La fête des familles qui vivent avec le sida

11 décembre 2006 (Le Parisien)

1 photo | 1 pièce jointe | Réagir à cet article | Recommander cet article | Votez pour cet article

La veille, les femmes de l’association parisienne Chorba pour tous avaient passé la journée au fourneau. Samedi, elles n’avaient rien perdu de leur pétulance, pour transporter les marmites de leur cuisine du XIXe à la maison de l’enfance de La Courneuve, décorée comme un soir de réveillon.

Le « méga couscous des familles », organisé pour la deuxième fois par le Comité des familles de l’association Survivre au sida, était en fait bien plus qu’un réveillon. C’était la parenthèse conviviale qui a permis que se croisent les histoires de Madeleine, d’Aline, de Dalila, de Reda, d’hommes et de femmes décidés à combattre la maladie et ses tabous.

Madeleine, 43 ans, est venue de Haute Savoir pour aider le Comité des familles. Elle est malade depuis 19 ans, mais elle est aussi maman, et plutôt que de s’effondre elle a choisi de parler.

Davantage de prévention

« Depuis sept ans, je fais de la prévention dans les collèges et les lycées, auprès de jeunes de 13 à 18 ans, raconte-t-elle. Ce n’est pas facile de témoigner de sa vie mais, lorsqu’on réussit à faire passer le message aux ados d’aujourd’hui, ça aide à se battre. »

À ses côtés, petit bout de femme énergique de 33 ans avec quatre enfants, Dalila a écrit un livre, qu’elle a voulu reflet de son histoire « pas toujours drôle », d’une femme qui reconnaît « avoir du mal à s’en sortir ». « C’est l’ignorance qu’il faut condamner, pas les gens qui ont le virus, répète Dalila. Quand on voit qu’en France, il y a 7000 nouveaux cas de séropositivité chaque année, il faut faire beaucoup plus pour la prévention, et plus encore dans nos banlieues. A Paris, on voit des messages partout, ici à quelques kilomètres, il n’y a rien. »

Dalila s’apprête à devenir médiatrice de santé à l’association dionysienne Ikambéré, qui vient en aide aux femmes séropositives. C’est aussi pour elles que le couscous géant du Comité des familles était organisé. « Il en faudrait plus, pour que les malades se sentent moins isolés, montrer qu’on peut vivre. Et le fait que ce soit ouvert à tous est un plus pour faire passer le message de la prévention. »

Aline ne dit pas autre chose, elle qui est venue de l’Aveyron. L’association Survivre au sida lui a permis de ne pas s’effondre. « Quand j’ai appris ma maladie, j’avais besoin de contact, raconte-t-elle. J’ai découvert l’association sur Internet, grâce à elle, j’ai dialogué avec des gens comme moi. Le vécu des autres, cela crée des liens, moi cela m’a permis de relativiser, de moins paniquer. »

Denis Méchali, chef du service des maladies infectieuses à Saint-Denis : « Les gens sont plus siolés et plus fragiles »

Samedi à la maison de l’enfance, le docteur Denis Méchali, patron du service des maladies infectieuses à l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis, est venu en ami. En visite « à la fois symbolique et pratique ».

Parce que chaque jour, dans son service, il voit perdurer une maladie dont la Seine Saint-Denis reste le département francilien le plus touché après Paris.

« Le sida ne doit pas entraîner une mort sociale, estime-t-il. Or je vois des gens qui ont beau vivre juste de l’autre côté du périphérique, sont plus isolés et plus fragiles qu’à Paris. Ils souffrent de toutes les précarités, celle de la maladie en plus... »

Pour ce spécialiste, l’évolution du virus est de plus en plus difficile à cerner : « Il y a quinze ans, je voyais surtout des jeunes toxicomanes, souligne-t-il. Aujourd’hui, c’est tout le monde, et surtout beaucoup de femmes et beaucoup de migrants. On parle beaucoup de l’Afrique noire, mais ce n’est plus la seule région touchée. »

Environ quatre mille personnes sont sous traitement en Seine-Saint-Denis, mais chaque année voit s’accroître la « file active » : « Il y a eu neuf cents cas nouveaux cette année, explique le médecin, huit cents l’an dernier, sept cents en 2004.... Cent de plus chaque année, cela ne rend pas optimiste. »

Elodie Soulié

Photos


La fête des familles vivant avec le sida

La fête des familles vivant avec le sida

Documents joints

La fête des familles qui vivent avec le sida (Le Parisien, 11 décembre 2006) (PDF, 166.1 ko)

Réagir à cet article


Suivre la vie du site S'abonner au forum de cet article (RSS)