Fête des Amoureux | Les médias parlent des familles vivant avec le VIH | Sexe et sexualité
Une "fête des amoureux" séropositifs, un pied-de-nez au virus du sida
12 février 2007 (AFP)
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Tout savoir sur la Fête des amoureux mercredi 14 février 2007...
Par Sophie LAUTIER
PARIS, 12 fév 2007 (AFP) - Ils seront des dizaines, peut-être une grosse centaine mercredi : une "fête des amoureux" s’organise pour la Saint-Valentin dans un bar populaire de Paris pour les personnes séropositives, célibataires ou en couple, une manière de rappeler que "le VIH ne tue pas l’amour".
"Le VIH ne tue pas l’amour, il peut le compliquer. L’épidémie est là, et depuis le début nous avons appris à aimer, à faire l’amour, à élever nos enfants, à s’occuper de nos familles, malgré l’injustice de la maladie", explique Reda Sadki, président du Comité des familles et animateur du site papamamanbebe.net, à l’initiative de la fête.
Cette association réunit régulièrement des séropositifs et leurs familles, en quête de vie normale, pour des soirées de discussion ou des moments festifs. Pour la Saint-Valentin, les membres du Comité parlent de leurs expériences amoureuses.
"Si ça te gêne, on arrête de suite!", Nadia, 42 ans, reconnaît avoir été un peu abrupte au moment d’annoncer sa séropositivité à son compagnon, de 13 ans son cadet, une semaine après le début de leur relation. Elle était déjà divorcée et mère de trois enfants, ils avaient eu le "coup de foudre".
"Il m’a rassurée", se remémore-t-elle avec un sourire songeur, elle qui a maintenant "plus peur pour lui que pour elle". "Si je le contaminais, ma vie serait finie".
Sonia (prénom modifié) n’a pas eu autant de chance. Après une histoire compliquée avec l’homme qui l’a contaminée et dont elle a une petite fille, elle espère encore rencontrer quelqu’un. "Un séronégatif ? Je n’y crois pas, mais bon..." Le dernier l’avait "serré fort dans ses bras" après qu’elle lui eut révélé son état et ne l’a "jamais rappelée" à compter du lendemain matin.
Cette trentenaire soignée s’est alors inscrite sur un site de rencontre de séropositifs, parce que "c’est plus simple".
"Annoncer ta séropositivité, ce n’est pas un chemin que tu as envie de refaire 36 fois", explique Jean-Pierre. La découverte de son infection, en 1992 a été un "choc", suivi de plusieurs années d’abstinence, un bouleversement qui s’ajoute à une homosexualité qui avait déjà été "difficile à assumer".
Pour lui, c’est sûr, séronégatif, il aurait été "amoureux de la même manière" mais le virus pèse quand même dans son histoire avec l’homme qu’il fréquente depuis 3 ans.
Pourtant certains couples "sérodifférents" arrivent parfois à oublier le VIH (virus de l’immunodéficience humaine). "On sort, on travaille, on se dispute aussi, comme tout le monde!", assure Daniel (prénom modifié).
Et sa compagne de renchérir : "C’est vraiment une preuve d’amour de dépasser tout cela mais je n’aurais pas pu rester avec lui uniquement parce qu’il m’acceptait +séro+. Je l’aimais avant, je l’aime maintenant pour les mêmes raisons", assure Ariane (prénom modifié).
Comme beaucoup de couples, ils ont eu envie d’un enfant. Certes, la grossesse a fait l’objet d’un suivi médical poussé mais leur petite fille d’un an, séronégative, se porte comme un charme.
Un détail vient quand même s’immiscer dans l’intimité de ces couples : le préservatif, masculin ou féminin, indispensable outil de protection.
Bénédict (prénom modifié), jovial entrepreneur de presque 40 ans, l’appelle son "compagnon de caoutchouc". Selon lui, "c’est la seule chose qui a changé". "Sinon je vis comme un citoyen lambda".
