4ème Rencontre des parents et futurs parents concernés par le VIH | Sexe et sexualité
Sexualité et VIH : faisons le point car sinon personne ne le fera !
12 mars 2007 (papamamanbebe.net)
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par Julia [1].
Des sexes différents
Il faut distinguer en sexologie deux aspects : le sexe biologique (je suis une femme ou un homme, j’ai une vulve, un vagin, un utérus ou un pénis, des testicules), et le sexe social, c’est-à -dire comment la société nous dicte inconsciemment notre conduite concernant le sexe selon si on est un homme ou une femme.
Exemple d’une conversation téléphonique avec un jeune homme à Sida Info service : « J’étais en boîte de nuit samedi dernier, et la fille me plaisait, elle était chaude… A la sortie de la boite on l’a fait dans la voiture, sans capote, et maintenant j’ai peur, comme elle l’a fait comme ça, ça doit être une fille facile, j’ai peur d’avoir chopé quelque-chose... »
Ce jeune homme trouve la fille “facile†?, elle couche “facilement†?, sans protection. Il a peur, se sent victime.
Mais lui ? N’est-il pas un homme facile ??? N’a t il pas couché facilement ?N’est-il pas un risque pour elle ???
Ce sont les normes de la société qui instaurent les différences de considérations : un homme avec beaucoup de partenaires est un “homme à succès†?, un homme qui plaît. Une femme qui a beaucoup de partenaires est une allumeuse, une salope, une fille facile…
La sexualité féminine
Pendant longtemps, peut être à cause d’un sexe moins apparent, la femme a été ignorée d’un point de vue sexuel. La sexualité feminine n’était que le miroir de la sexualité masculine, elle n’était que le reflet des fantasmes masculins. La femme devient ce que l’homme attend d’elle, et non ce qu’elle désire être vraiment, elle s’adapte aux desirs de l’homme…
Il n’y a qu’à regarder aujourd’hui encore les publicités de belles voitures destinées aux hommes… N’y a-t-il pas souvent une belle femme très érotisée, très sensuelle au volant de la voiture ou à côté ?
VIH et femmes
De nos jours, plus de la moitié des nouvelles contaminations concernent des femmes. Et pourtant… Les essais cliniques ainsi que les recherches ne concernent pratiquement que les hommes. Les effets secondaires trouvés ne sont révélateurs souvent que du sexe masculin et les femmes sont encore une fois mises de côté…
Il aura fallu attendre 1997 seulement pour le premier colloque européen sur le VIH au féminin…
VIH et sexualité
Lorsqu’il y a un problème de santé, la sexualité est la première à en pâtir. L’organisme concentre ses forces pour une lutte incessante contre le virus mais aussi contre les nombreux effets secondaires des traitements…
La sexualité c’est aimer l’autre. C’est un échange. Mais c’est aussi s’aimer soi, donner et se donner du plaisir, aimer son corps, accepter une certaine insousciance…
Dans le VIH, il y a souvent une faille narcissique. Des sentiments de se sentir sale, d’avoir honte, de devoir payer pour avoir fait quelque-chose de mal. L’image du corps est dégradée. La personne a peur d’être différente, que cela se voit, que ça se sache. Peur aussi d’être contaminant(e), de faire du mal ; peur d’être rejeté(e) par l’autre. Ceci est d’autant plus fort que la contamination a été faite par des rapports sexuels. Chaque nouvelle relation, chaque moment d’intimité renvoie alors à ce moment de la contamination.
Lorsqu’on apprend sa séropositivité, on est souvent exclu par la suite des rapports sexuels, au moins pendant un petit moment. Alors ensuite c’est l’angoisse : vais-je encore y arriver ? La rareté des rencontres entraîne un surinvestissement, on prête une importance démesurée à la relation, ce qui favorise l’échec, car il y a trop de tension, trop de pression… Alors si on arrive à en parler au partenaire, si on trouve le bon moment et les bons mots, et enfin s’il s’agit de la bonne personne (c’est à dire qu’elle ne s’enfuit pas en courant !), alors on ressent un soulagement immense, et on peut enfin commencer à se détendre et à réapprendre le plaisir avec l’autre.
Pourquoi un sexologue ?
Dans le service d’infectiologie qui reçoit de nombreux patients atteints par le VIH, ce sont les hommes qui consultant le plus le sexologue. La première raison est simple : un homme ne peut pas faire semblant en amour. Il a la capacité physique ou non. Ainsi la plupart des consultations concernent des troubles de l’érection.
La deuxième raison est comme nous l’avons déjà dit, dans l’éducation des femmes, et des normes de la société qui depuis toujours ne laissent que peu de place à la sexualité féminine. Donc une femme n’a pas de critère physique, son plaisir ne se voit pas par une érection. Il lui est alors plus difficile de consulter car elle n’a pas ce prétexte. Elle est souvent contrainte alors de “faire aller†?, avec aussi souvent la peur que si ça ne va pas de son côté, son compagnon ira voir ailleurs…
A qui en parler sinon ?
Pour une femme, ça devrait être plus simple… Grâce au suivi chez sa gynécologue ! Seulement voilà … en pratique si les gynécologues sont à l’aise pour parler “technique†?, de contraception ou de suivi gynécologique… Ils le sont beaucoup moins quand il faut parler de sexualité. La plupart d’entre eux avouent d’ailleur ne jamais aborder la question avec leurs patientes ! C’est dommage, et il faudrait alors que les femmes osent aborder ces soucis, car si personne n’en parle, tout le monde en a !!! Et la gynécologue peut alors donner des conseils pratiques, ou prescrire des gels lubrifiants par exemple.
C’est dommage car si on attend les gros problèmes pour en parler, c’est beaucoup plus dur après ou c’est même trop tard ! De nombreux problèmes sexuels sont la cause de séparation dans les couples.
Un autre exemple, une jeune fille qui faisait beaucoup d’infections urinaires (très douloureux) venait pour la 5ème fois en urgence à l’hôpital… Personne ne lui avait recommandé d’uriner après les rapports sexuels. L’urine est stérile et nettoie le méat urinaire en chassant les microbes. Elle n’a plus jamais fait d’infection depuis !!!
Comment reprendre du plaisir quand on est une femme séropositive ?
Déjà si le compagnon est au courant de la sérologie et qu’il l’accepte, cela sera un grand poids en moins pour la femme qui ne sera pas toujours en train de penser à se protéger et à forcer son compagnon à mettre le préservatif…
Dire sa sérologie, c’est aussi s’ouvrir au dialogue, apprendre à l’autre ce dont on a envie, ou pas, ce qui nous donne du plaisir ou pas…
Pour avoir du plaisir, il faut d’abord avoir du désir. Désir de prendre l’autre dans ses bras, de l’embrasser, de lui faire l’amour… Il faut réapprendre ce désir qui souvent à été censuré par une vigilance extrême et la peur de contaminer l’autre. Il faut réapprendre à ressentir. Fermer les yeux, sentir sa main sur mon corps, sentir son odeur, écouter sa voix, douce et rassurante. Se laisser aller, faire confiance, confiance en soi, en lui.
C’est ainsi qu’on arrivera à redonner un sens à sa sexualité. Et non pas faire l’amour parce qu’il faut, parce qu’il a envie, pour ne pas qu’il nous quitte.
En conclusion
Souvent dans notre société, pour être un vrai homme en sexualité il faut avoir une bonne érection, être “bien dur†?, “tendu†?, “énergique†?… Bref c’est une notion de “tension†? qui ressort.
Pour une femme, on lui demande au contraire d’être “relâchée†?, “ouverte†?, “détendue†?, de se laisser faire en quelque sorte. C’est une notion de passivité qui ressort.
Or c’est exactement le contraire qu’il faudrait pour obtenir une relation épanouie entre un homme et une femme !!! Que la femme soit un peu plus énergique, qu’elle montre à l’homme ce qu’elle veut ce qu’elle aime, qu’elle soit active dans l’acte sexuel afin de guider aussi son propre plaisir… Et que l’homme se détende un peu plus : tout ne repose pas sur ses épaules, on ne recherche pas l’exploit sexuel comme un exploit sportif !
Notes
[1] Julia, 23 ans, en couple, participe aux soirées organisées par des parents et futurs parents du Comité des familles. Vous pouvez lui écrire en cliquant sur ce lien.
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Sexualité et VIH : faisons le point car sinon personne ne le fera !
Je m’appel émilie j’ai 20 ans et j’ai fais le test du sida.J’aurai les résultat le 26 mars.Et je panique beaucoup a l’idée que je puisse être séropositif.Est ce que vous pouvez m’informer sur la vie courante d’une personne séropositif.Toutes ses contraintes dans les relations et dans le travail.Merci d’avance.
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Sexualité et VIH : faisons le point car sinon personne ne le fera !
Salut Emilie,
Il y a un forum pour toi : J’ai peur sur le site seropos.net.
Tu pourras poser tes questions à d’autres personnes qui attendent leur résultat après avoir pris des risques...
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Sexualité et VIH : faisons le point car sinon personne ne le fera !
Bonjour Emilie,
J’espère que tu vas bien as tu eu les résultats de ton test ?
Mon email : danielleargenti@hotmail.com
@ bientôt, danielle
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Sexualité et VIH : faisons le point car sinon personne ne le fera !
