Contraception et prévention | Droits des femmes | Francine Bavay
Le droit à l’avortement s’affiche en Ile-de-France
23 janvier 2008 (Le Parisien)
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« Contraception, avortement. Un droit, mon choix, notre liberté. » Dès vendredi, une campagne d’information inédite démarrera en Ile-de-France. C’est dans cette région où les IVG, difficiles d’accès, sont les plus nombreuses.
C’EST la première fois que le mot va s’étaler en toutes lettres sur les panneaux des gares et des stations de métro, aux côtés des mots sexualité et contraception : « Avortement ». Un mot dont il était encore interdit de faire la « publicité » il y a six ans, et personne ne s’est bousculé pour l’afficher depuis. A travers cette campagne d’information qui démarre vendredi et qui se poursuit dix jours, le conseil régional d’Ile-de-France est le premier à briser le tabou, avec l’appui des associations militantes [1]. Ce n’est pas un hasard : la région compte le nombre le plus élevé d’interruptions volontaires de grossesse dans l’Hexagone, et c’est aussi en région parisienne qu’il est le plus difficile d’y avoir accès. Baisse des lieux où l’IVG se pratique, délai de trois semaines pour obtenir un rendez-vous, réticences médicales, et surtout, manque d’informations... « La possibilité de vivre sa sexualité en sécurité, en évitant les risques, y compris d’une grossesse non désirée, c’est un droit » rappelle Francine Bavay, vice-présidente du conseil régional (Verts), en charge de la santé. « Mais il est tellement peu mis en avant que les femmes en oublient aujourd’hui qu’elles ont le choix. »
Un numéro d’information : 01.47.00.18.66. Cette plate-forme téléphonique fonctionne déjà depuis sept ans sur l’Ile-de-France (coût d’un appel local) et reçoit quelque 5 000 coups de fil par an. Pendant la durée de la campagne d’affichage, ses horaires seront élargis et toutes les militantes du Mouvement français pour le planning familial (MFPF) seront sur le pied de guerre. « Pas pour jouer les annuaires, mais vraiment pour écouter, répondre aux questions, informer, expliquer », insiste Fatima Lalem, coordinatrice régionale du MFPF. « Il ne s’agit pas de culpabiliser, ni d’opposer contraception et avortement. On peut renseigner sur l’une comme sur l’autre. Mais on veut vraiment de délivrer un message de liberté : on est là pour vous aider à vous approprier ces droits. »
La pilule abortive désormais délivrée dans les centres de planification et de santé. C’est la grande nouveauté de ce début 2008 et la plupart des femmes l’ignorent encore. Cette campagne est donc aussi l’occasion de leur faire passer le message : après les médecins de ville (peu nombreux, il est vrai, à s’y mettre), c’est désormais au tour des centres de planification et d’éducation familiale (souvent surnommés « plannings ») et les centres de santé (les « dispensaires ») d’être autorisés à délivrer la pilule abortive (RU 486), qui déclenche une fausse couche précoce et permet d’éviter une intervention chirurgicale quand on est enceinte de moins de cinq semaines. « Il n’y a aucun relais national de cette information pourtant majeure, déplore Françoise Laurent, présidente du MFPF. Même si tous ces centres ne sont pas répartis de façon homogène sur le territoire, cela offre une possibilité d’accès supplémentaire à l’IVG dont il faut absolument s’emparer. »
Florence Deguen
Notes
[1] Le Mouvement français pour le planning familial, l’Association nationale des centres d’interruption de grossesse et de contraception (Ancic) et la Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception (Cadac).
