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Les femmes séropositives sont-elles de mauvaises mères ?
21 février 2008 (papamamanbebe.net)
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Écouter: Les femmes séropositives sont-elles de mauvaises mères ? (MP3, 3.2 Mo)
Reda est tombé sur cet article du docteur Karine Lacombe pour le site egora.fr : La majorité des enfants séronégatifs nés de mères infectées par le VIH souffre de troubles psychologiques incluant la dépression.
À première vue, il s’agirait d’une nouvelle dramatique pour les femmes séropositives : elles auraient des enfants frappés par la dépression.
Qu’en est-il vraiment ?
Une lecture attentive de cet article révèle que son titre est érronné. En effet, l’étude dont il est question n’a pas cherché à comparer les mamans séropositives avec celles qui sont dans une situation équivalente, mais sans le VIH. Deuxièmement, il s’agit de mamans vivant dans une extrême pauvreté à New York.
Bref, rien ne permet de tirer des conclusions sur les mamans. Par contre, cet étude et la façon dont elle a été rapportée par Karine Lacombe en disent long sur les difficultés de certains médecins à accepter le fait des familles vivant avec le VIH.
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Isolées, précarisées, parfois poussées jusqu’au suicide
Avec les traitements plus lourds, elles vivent de plein fouet les inégalités sociales. « On peut avoir un avenir, des enfants, mais avec le VIH toutes les difficultés des femmes dans la société sont démultipliées. » La comédienne Charlotte Valandrey sait de quoi elle parle. Séropositive depuis vingt ans, elle était invitée à prendre la parole mardi 19 février au colloque sur les femmes et le sida à l’Assemblée nationale. Seule femme publique à avoir révélé sa séropositivité, elle lutte depuis quelques années pour faire sortir les femmes séropositives de l’invisibilité dans laquelle elles sont enfermées.
Dans le numéro de Médecine sciences, le bilan des recherches permet de mieux comprendre les difficultés des femmes vivant avec le VIH, mais aussi de quelle manière mieux orienter la politique de prévention. Comme dans la population générale, les femmes séropositives sont moins diplômées et moins qualifiées que les hommes séropositifs. Elles ont également moins accès à l’emploi et subissent plus fortement la précarité. Côté vie affective et image de soi, les femmes, au cours de la maladie à VIH, se retrouvent de plus en plus seules, surtout après cinquante ans. Le taux de vie en couple, à âge égal, est de 60 % pour les personnes hétérosexuelles vivant avec le VIH, contre 80 % pour la population générale.
Concernant l’activité sexuelle, celle de la population séropositive est beaucoup plus faible que la population générale, mais les hommes ont plus de partenaires occasionnelles. Les effets secondaires des traitements sont également plus sévères pour les femmes. Les lipodystrophies, (accumulation de graisse sur certaines parties du corps) sont le plus souvent très mal vécues. Conséquences terribles : une femme séropositive sur cinq a attenté à sa vie. Les tentatives de suicide concernent 27 % des femmes et 19 % des hommes infectés, contre respectivement 9 % et 6 % dans la population générale. Pourtant, tout n’est pas noir.
Tous les couples ne se défont pas, la maternité est aujourd’hui possible, et des femmes notamment originaires d’Afrique parviennent à utiliser aux mieux ce qui leur est offert en France. L’accès à l’école puis à un travail, donc à une meilleure intégration sociale, leur permet de contourner voire de résister et de négocier par exemple l’utilisation du préservatif lors d’un rapport sexuel.
M. D.
