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Effet préventif des traitements antirétroviraux sur la transmission du VIH : Débat à Mexico avec Pietro Vernazza et Bernard Hirschel
4 août 2008 (Groupe Sida Genève)
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Avant même l’ouverture de la conférence, la Suisse se trouve au cœur des débats internationaux sur la prévention et le traitement du VIH.
La Commission fédérale pour les problèmes liés au sida (CFPS) a été invitée par l’International Aids Society à mettre sur pied ce symposium dans le but d’ouvrir à un débat plus large la déclaration de la CFPS concernant l’effet préventif des traitements antirétroviraux sur la transmission du VIH.
En effet, depuis sa publication le 30 janvier 2008, la déclaration de la CFPS [1] a d’ores et déjà fait l’objet de nombreuses controverses, en Suisse et à l’étranger, parmi les professionnels et experts comme auprès des personnes concernées.
Le thème de ce symposium a ainsi suscité l’intérêt et attiré un grand nombre de participants à la conférence, remplissant la salle jusqu’au dernier rang.
Le Prof. Pietro Vernazza, Président de la CFPS, a saisi l’occasion pour éclaircir certains points qui ont par le passé mené à quelques malentendus concernant cette déclaration, les suivants en particulier :
Dans sa déclaration la CFPS a explicitement énoncé que cette information n’est pas synonyme pour la prévention de l’affirmation : « le préservatif n’est plus nécessaire ». L’information aux médias a été claire : il s’agit d’une bonne nouvelle pour un petit nombre de personnes ; mais aucun changement pour les messages de prévention.
La déclaration précise également que seul un petit nombre de personnes sous traitement antirétroviral peuvent être considérées comme présentant un risque négligeable. La CFPS a circonscrit précisément ce groupe de personnes, en se basant sur une évaluation scientifique de la CCT.
Pour cette catégorie de personnes spécifiquement restreinte (virémie indétectable depuis plus de 6 mois, en l’absence d’autre IST), la CFPS mesure le risque de transmission à un niveau comparable à celui des risques courants de la vie quotidienne. Ce chiffre correspond aussi au risque résiduel encouru lors d’un rapport oral.
La CFPS déclare dès lors que c’est au partenaire négatif, au sein d’un couple stable, après avoir reçu une information médicale claire et complète, de prendre la décision en fonction du risque résiduel qu’elle/il est prêt à assumer.
La déclaration de la CFPS avait également pour objectif de mettre fin aux condamnations pénales non justifiées pour tentative de transmission de maladie infectieuse, qu’encourent les personnes séropositives qui décident de ne pas utiliser de préservatif de commun accord avec leur partenaire stable.
Après cette introduction les panelistes furent invités à présenter leur point de vue sur la déclaration de la CFPS. Le premier intervenant, le Prof. Myron S. Cohen de l’Université de Caroline du Sud (USA), a principalement exprimé le voeu de voir menées des études spécifiques à long terme sur ce sujet et a profité de l’occasion pour annoncer la mise en route d’un projet d’étude portant sur des couples sérodifférents, qui devrait apporter les résultats souhaités à l’horizon 2016. En tant qu’expert il s’inquiète notamment de la question des résistances aux traitements et des éventuelles remontées de la charge virale.
Nancy Padian, épidémiologiste de l’Université de Californie du Sud (UCLA), a examiné la déclaration du point de vue de la prévention, en particulier du point de vue des femmes. Elle espère y voir un encouragement au développement et à l’accès aux tests de dépistage et aux traitements, mais craint que l’information amène davantage d’hommes à imposer aux femmes des rapports sans préservatifs. Catherine Hankins, conseillère scientifique de l’ONUSIDA, a quant à elle affirmé que cette déclaration ne pouvait pas s’appliquer aux pays pauvres.
Dernier intervenant, Nikos Dedes, de l’European Aids Treatment Group, s’est exprimé au nom des personnes vivant avec le VIH, parmi lesquelles la déclaration suisse a suscité dès sa parution de nombreux débats. Il en tire un bilan positif, en particulier l’importance que revêt pour les personnes concernées d’être délivrées de l’angoisse et du fardeau "d’être un danger pour la vie d’autrui".
Au cours de la discussion qui a suivi entre les panelistes et le public présent, plusieurs personnes concernées ont tenu à exprimer leur reconnaissance envers la CFPS et à saluer la commission suisse pour cette prise de position courageuse.
Le Prof. Bernard Hirschel, chef de l’Unité VIH/sida des Hôpitaux Universitaires de Genève, a clos ce symposium par un résumé des débats et en réaffirmant ses convictions selon lesquelles la déclaration suisse constitue une avancée importante pour les personnes séropositives et leur qualité de vie, y compris au niveau social, car qui dit non-infectiosité dit moins de stigmatisation et de discrimination.
Bulletin d’informations suisses, dimanche 3 août 2008
Avec le soutien de GlaxoSmithKline et Merck Sharp & Dohme
Symposium suisse "HIV Transmission under ART" (Transmission du VIH sous thérapies antirétrovirales), dimanche 3 août 2008, 15.45 h – 17.45 h
Notes
[1] Lire Les personnes séropositives ne souffrant d’aucune autre MST et suivant un traitement antirétroviral efficace ne transmettent pas le VIH par voie sexuelle et La prévention du sida devient plus simple, mais aussi plus complexe !.
