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Faire un bébé quand on est séropositif

La PMA n’entraîne pas, en soi, de surmorbidité néonatale

1er septembre 2008 (Journal international de médecine (JIM))

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Depuis leurs premiers balbutiements, les techniques de procréation médicalement assistée (PMA) ont été soupçonnées d’accroître la morbidité périnatale. Cette suspicion n’était pas seulement basée sur des préjugés naturalistes mais également sur des études épidémiologiques conduites sur les enfants nés après PMA qui mettaient en évidence une morbidité néonatale plus élevée notamment après fécondation in vitro (FIV). Ce phénomène fut d’abord attribué à l’augmentation des grossesses multiples après PMA. Mais de nouvelles études, portant cette fois sur des populations de nourrissons nés après une grossesse unique, ont montré que des antécédents de PMA semblaient, là aussi, associés à un pronostic néonatal moins favorable. Cependant, le groupe contrôle dans ces travaux épidémiologiques étant constitué de nourrissons nés dans la population générale après une grossesse spontanée, il n’était pas possible de déterminer si la morbidité néonatale excessive constatée était la conséquence des techniques de PMA utilisées ou celle de l’infertilité des mères (ou des couples). 

Pour trancher la question une équipe norvégienne a imaginé une étude de très grande ampleur basée sur le registre norvégien des naissances qui inclut plus de 2,2 millions de naissances enregistrées dans le pays entre 1967 et 2006.

Plus d’un million de grossesses !

Les épidémiologistes ont tout d’abord, comme dans les études précédentes, comparé la morbidité néonatale de 7 474 enfants nés après PMA d’une grossesse unique et de 1 127 739 nourrissons nés spontanément après une grossesse unique. Ils ont pu ainsi confirmer des différences significatives après PMA : poids de naissance diminué de 25 g, durée de la gestation plus courte de 2 jours, augmentation de 26 % du pourcentage d’enfants petits pour l’âge gestationnel et de 31 % de la mortalité périnatale.

Une cohorte de mères ayant eu un enfant spontanément et après PMA

Pour distinguer ce qui revient aux techniques de PMA et à l’infertilité elle-même, cette équipe a individualisé un sous groupe de 2 204 femmes ayant eu au moins un enfant après PMA et un enfant né spontanément (les facteurs maternels de surmorbidité néonatale étant a priori constants).

La comparaison de ces enfants d’une même fratrie nés spontanément ou après PMA n’a permis de constater aucune différence significative sur le poids de naissance ou sur l’âge gestationnel ajusté. La seule différence significative qui a persisté a été de façon inattendue une diminution de la mortalité néonatale de 64 % après PMA ! (1 % contre 2 % ; p<0,0001). Cette surmortalité retrouvée dans ces fratries après naissance spontanée n’a pas été complètement élucidée. Elle est cependant apparue liée à l’ordre des naissances, puisqu’elle n’a été constatée que lorsque que la naissance spontanée précédait la naissance post PMA.

Une analyse complémentaire a montré de plus qu’aucune différence de morbi-mortalité néonatale n’était constatée entre les enfants nés après FIV « classique » et après injection intracytoplasmaique de spermatozoïde. 

Il apparaît donc que ce ne sont pas les techniques de PMA elles-mêmes qui sont responsables d’une surmorbidité néonatale (si l’on excepte les grossesses multiples) mais plutôt des facteurs liés à l’infertilité sous-jacente (maternels ou paternels).

Dr Céline Dupin

Romundstad L et coll. : Effects of technology or maternal factors on perinatal outcome after assisted fertilisation : a population-based cohort study. Lancet 2008 ; 372 : 737-43.

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