Alexandra et Nicolas | Femmes séropositives | Réseau national des correspondants du Comité des familles
À Pau, la peur du sida et des séropositifs est encore palpable
9 octobre 2008 (papamamanbebe.net)
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Écouter: À Pau, la peur du sida et des séropositifs est encore palpable (MP3, 6.3 Mo)
Alexandra, déléguée départementale du Comité des familles pour les Pyrénées-Atlantique, appelle l’émission depuis Pau pour rendre compte de la Rentrée des associations et pour faire le point sur le travail difficile d’information et de soutien qu’elle tente de mettre en place.
Voici son témoignage sur le déroulement de la Rentrée des associations, pour laquelle elle s’est mobilisée, avec le soutien de son mari Nicolas, d’amis et de soutiens.
Salut tout le monde,
J’espère que tout le monde va bien. Comme convenu, voici un compte rendu de la Rentrée des associations qui s’est tenu les 19 et 20 septembre à Quartier Libre, dans le village de Lescar.
Après une bonne semaine de préparatifs, nous (Valérie et moi) voilà parties tout d’abord en direction de l’hôpital pour récupeerer des brochures d’information, et ensuite à Quartier Libre pour installer le premier stand de la délégation du Comité des familles.
Nous sommes arrivées sur place à 10 heure pour repérer l’emplacement de notre stand et pour prendre les multiples infos au point accueil où nous retrouvons Serge Figiel, président en fin de mandat de l’Université de la Citoyenneté qui fédère le monde associatif palois. Serge a lui-même un engagement de longue date dans la lutte contre le sida.
Nous installons notre stand avec les moyens du bord et là, l’attente commence. Mon mari Nicolas nous a rejoint à 14h pou rester avec nous jusqu’à 17h, mais sinon c’est lui qui s’est occupé des enfants.
Le vendredi a été très calme pour nous, du fait de la réticence des gens à s’approcher de notre stand. Certains ont même contourné le stand !
Une seule personne s’est arrêtée, pour prendre des préservatifs.
Nous quittons le stand à 20 heures avec une certaine déception de ne pas avoir attiré les regards même si les gens en passant jetaient un regard gêné sur notre pancarte, qui affichait fièrement le nom de l’association : Comité des familles pour survivre au sida.
Le lendemain, samedi, arrivée à 10 heures avec Valérie et Nicolas, sûrs que cette deuxième journée serait payante, ou en tout cas plus que la première.
Avec toutes les autres associations, nous nous sommes rendus a l’apéritif offert par l’Université de la Citoyenneté.
Le nouveau président de l’Université a dit quelques mots. Ensuite, j’en ai profité pour discuter un peu avec lui et prendre une photo en compagnie de Serge Figiel, qui m’a d’ailleurs confirmer sa présence a la réunion du 3 octobre que j’organise pour présenter le Comité des familles à Pau.
L’après-midi a été l’occasion de serrer des mains, avec la visite de personnalités de la ville de Lescar ainsi que des responsables de Quartier Libre.
J’ai discuté avec Chritian Laine, qui m’a lui aussi confirmé sa présence à la réunion du 3 octobre, en tant que maire de Lescar. Un des responsables du centre commercial Quartier Libre a pris mes coordonnées et m’a dit que si on voulait faire une animation ou un stand a l’occasion de la Journée mondiale contre le sida dans le centre commercial, il n’y avait pas de souci et il serait ravi de nous recevoir.
Sur le stand, un couple a demandé des informations mais ils n’osaient pas vraiment discuter. Ils ont pris un flyer et une carte de visite. J’ai aussi eu une jeune femme espagnole qui est journaliste et qui écrit des articles en espagnol pour les mamans hispanophones vivant en France. Elle serait intéressée pour faire un article sur la délégation. Elle doit me recontacter. Pendant que je discutais avec la journaliste, une dame très gênée a pris une carte de visite et s’est éclipsée aussi vite qu’elle était arrivée.
Une jeune fille est aussi venue prendre des renseignements. Elle est lycéenne et travaille sur le sujet du sida en ce moment. Elle a aussi pris ma carte car elle voudrait trouver des gens concernés pour recueillir leurs témoignages.
Voila pour la première manifestation de la délégation. J’aurai pensé que plus de personnes se serai arrêtées au stand mais bon c’est une première. J’ai aussi constaté que les gens hésitent à s’approcher quand on parle du sida.
S’il y a besoin de plus de renseignements n’hésitez pas. Bises a tous.
Hadja, Yoyo et Laurent Gourarier réagissent à ce témoignage.
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À Pau, la peur du sida et des séropositifs est encore palpable
Bonjour,
Le sida est encore et toujours un tabou. Par contre, pour ceux qui vivent avec, c’est tellement une habitude, que l’on ne comprend pas forcément pourquoi ce sujet semble si délicat à aborder en société.
La preuve : je suis mariée avec un homme séropositif, et je vis à côté de Pau. Nous avons une petite fille, grossesse due a une déchirure du préservatif, et alors que nous nous battons pour passer par la voie officielle de la PMA pour concevoir le petit frère ou la petite soeur, j’ai ressenti le besoin de trouver des gens à qui parler. Nos familles ne sont pas au courant de la situation, et j’avoue que je me sens complètement incapable de leur assener ce fait. C’est ma façon de les préserver, tant que tout va a peu près bien.
Parce que finalement, c’est bien de cela dont il s’agit : leur envoyer en pleine face que leur gendre a sa date de mort gravé dans son sang. Que sa vie sera raccourcie, que je me retrouverais veuve un jour, trop tôt.
Voilà pourquoi parler du sida est encore un tabou, parce que c’est une mort, inéluctable, qui survient forcément trop tôt.
Et puis certainement parce qu’au début, il n’y a pourtant pas si longtemps que cela, le sida était synonyme de drogue, ou plutôt, de drogué(e)s, ou d’homosexuel(le)s. Je crois qu’il est difficile de combattre cela, tellement c’est encré dans l’inconscient collectif.
Cela dit, pour avoir plus de passage dans votre association, peut-être faudrait-il axer la communication sur la parentalité entre couple séropositifs ou sérodifférents ? Cela ferait moins peur ...
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À Pau, la peur du sida et des séropositifs est encore palpable
Un séropositif avec au moins 500 CD4, une charge virale indétectable, et un traitement efficace et bien toléré a une espérance de vie comparable à celle d’un séronégatif.
Le virus n’est donc plus la signification d’un arrêt de mort.
En ce qui concerne l’action du Comité des familles, vous avez déposé votre message sur le site papamamanbebe.net, qui est consacré aux familles vivant avec le VIH, et répond tout particulièrement aux questions sur la procréation. Pour autant, vu l’ignorance du grand public, la priorité est d’abord de répondre aux besoins des couples concernés.
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À Pau, la peur du sida et des séropositifs est encore palpable
Bonjour .Je vous propose de me contacter si vous souhaiter discuter avec des gens concernés comme vous par la parentalité et le site papamamanbebe.net et le site des familles qui vivent avec le vih . Amicalement
alexandra@papamamanbebe.net
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À Pau, la peur du sida et des séropositifs est encore palpable
