Charge virale indétectable | Faire un bébé quand on est séropositif | Manon et Yannick | Pietro Vernazza
Faire un bébé quand on est séropositif : quoi de neuf ?
17 avril 2009 (papamamanbebe.net)
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Le 7 novembre 2007, l’émission Survivre au sida était le premier média à donner la parole à Pietro Vernazza, président de la Commission fédérale suisse sur le sida, à l’origine de l’avis qui déclare qu’une personne séropositive n’est plus contaminante, sous certaines conditions très précises. Retour sur l’interview qui a ouvert le débat en France sur la « méthode Vernazza », c’est-à-dire des rapports programmés et protégés par les médicaments pour faire un bébé sans contaminer celui ou celle qu’on aime.
Selon une petite étude, le tenofovir (Viread®) préviendrait la contamination par le VIH chez les couples, dont l’homme est séropositif, qui essaient de faire un bébé
Pietro Vernazza, spécialiste de la transmission sexuelle du VIH : « D’ici quelques années, les couples sérodifférents auront des relations non-protégées... sans risque, grâce aux médicaments ! »
Le 14 juin 2008, Pietro Vernazza était venu à la 3ème Rencontre des parents et futurs parents concernés par le VIH à Paris, à l’invitation du Comité des familles, pour expliquer aux couples comment apprécier la réalité des risques encourus lors de rapports protégés par les médicaments antirétroviraux.
Toutefois, impossible de poser la question de la procréation sans s’interroger sur l’intérêt préventif de la charge virale pour la vie sexuelle des couples sérodifférents... Et, depuis un an et demi, l’« avis suisse » fait son chemin parmi les séropositifs et ceux qui partagent leurs vies.
Le Comité vient tout juste de mettre en ligne le formulaire d’inscription pour participer à la 4e Rencontre des parents et futurs parents concernés par le VIH. Ce sera l’occasion pour vous de venir poser vos questions en direct, notamment à Bernard Hirschel, collègue de Pietro Vernazza, qui sera présent. Cet expert est en partie à l’origine de l’avis suisse. Celui-ci explique qu’une personne séropositive avec une charge virale indétectable depuis au moins six mois, sans infection sexuellement transmissible, n’est plus contaminante.
Il est important de préciser qu’il s’agit d’un avis d’experts, et non pas d’une nouvelle étude. Voici les liens pour lire l’avis publié dans le Bulletin des médecins suisses en janvier 2008 par la Commission fédérale suisse sur le sida :
Les personnes séropositives ne souffrant d’aucune autre MST et suivant un traitement antirétroviral efficace ne transmettent pas le VIH par voie sexuelle
La prévention du sida devient plus simple, mais aussi plus complexe !
Qui peut participer à la Rencontre du 23 mai 2009 ? « Tous parents ou tous futurs parents désirant avoir un bébé et concernés par le VIH, et qui a des questions par rapport à la procréation ».
Cependant, comme Reda le précise, même les personnes qui ne sont pas directement concernées par les problématiques qui vont être abordées sont bien sur, les bienvenues. Professionnels de santé, séropositifs ou séronégatifs, tout le monde est accepté « on n’est pas une association comme ça ! ».
Va t-on parler que de bébés ? Bien sûr que non ! Si la procréation reste un thème majeur de cette 4ème Rencontre, maternité et paternité ne seront pas les seuls thèmes du jour. Vieillesse et VIH, joie d’être parents, comment parler sida avec ses enfants, seront aussi des sujets débattus.
Y a t-il déjà des retours de personnes qui seraient intéressés pour participer à cet événement ?
Hadjara : « les gens ont commencé à se manifester, on a déjà une cinquantaine d’inscriptions » seulement quelques heures après le lancement du formulaire d’inscription sur le site papamamanbebe.net
Après toutes ces précisions sur cette journée, Reda revient sur l’assistance médicale à la procréation (AMP).
Louis Bujan, médecin spécialiste de l’AMP, est notamment reconnu pour ses connaissances sur le lavage de sperme, le moyen pour un homme séropositif de procréer sans contaminer sa partenaire.
Le médecin répondait, en 2007 aux questions de Reda : « Est ce qu’un homme séropositif doit renoncer à tous projets d’enfants ? »
Louis Bujan : Non pas du tout. Justement, les techniques que nous avons maintenant permettent aux hommes séropositifs d’avoir des enfants, tout en conservant les méthodes de protection habituelle, pour éviter l’infection de la partenaire et de l’enfant. (…). Donc oui c’est possible, mais en utilisant des techniques de procréations assistées ».
Comment ça marche ? « On retrouve du virus dans le sperme, mais pas dans les spermatozoïdes. On peut donc les utiliser après en inséminations ».
En ce qui concerne le lavage de sperme, Louis Bujan considère que le fait que cette technique ait été réalisée dans huit centres européens authentifie cet avis. Par contre, la « méthode Vernazza » n’a pas encore été validée avec le même degré de certitude quand à sa sécurité pour le partenaire séronégatif.
Yannick, séropositif de puis vingt ans, a tenté de faire un bébé en passant par les consultations d’assistance médicale à la procréation (AMP). Il témoignait lors de l’émission du 7 novembre 2007, après avoir écouté les propos de Pietro Vernazza : « Le centre dans lequel on se trouvait avait des difficultés. Il s’est trouvé que les relations qu’on avait eu avec l’ensemble des médecins (gynécologue, biologiste, psychologue etc…) n’ont pas été bonnes. Il y a eu des difficultés de compréhension de notre situation. Pietro Vernazza, lui, essaye de comprendre quelle peut être la vie des gens qui vivent comme ça, avec ce virus depuis de nombreuses années, et qui, au fil du temps, on essayé de reconstruire leurs vies. Quand on s’est connu avec Manon, évidemment, on avait pas d’espoir d’avoir un enfant. On avait pas plus d’espoir de voir qu’on est là aujourd’hui. Lui à l’air de prendre en considération qu’on veut avoir une vie normale comme beaucoup ».
Pour Pietro Vernazza « Après avoir reçu beaucoup de patient pour une AMP, les médecins se sont rendu compte que les hommes pour qui ils réalisaient la méthode du lavage de sperme étaient tous bien suivis, et qu’aucun d’eux n’avait une charge virale détectable. (…) On a réalisé que le risque de transmission dans un couple était très très bas, soit une fois par million de rapports sexuels. On a réalisé que, dans cette situation, il peut être plus économique et plus agréable pour les couples d’avoir des rapports sexuels non protégés pour procréer ».
Pour optimiser les chances de réussite et limiter les risques d’infection, déjà très faible, les rapports sexuels sont programmés à une date unique, lorsque la femme est la plus fertile, et des traitements additionnels sont proposés.
Pour Yannick, « les méthodes AMP sont des méthodes qui ne fonctionnent pas toujours. Moi je suis séropositif depuis une vingtaine d’année ».
Si l’AMP semble être un parcours du combattant pour les séropositifs, à entendre les nombreux témoignages, l’avis suisse représente donc un espoir pour les couples concernés par le VIH, sans problème de fertilité (où l’AMP redevient indispensable !), de faire des enfants en bonne santé. Et, au-delà de la procréation, à l’horizon se profile la possibilité de protéger la personne qu’on aime du virus grâce aux médicaments et à une révolution à venir dans les relations entre infectiologue, patient, et partenaire séronégatif.
Si vous avez des questions sur ce sujet, vous pourrez les poser lors de la 4ème Rencontre des parents et futurs parents concernés par le VIH, prévue le 23 mai à l’Hôtel de Ville de Paris, de 9h à 19h. L’inscription est gratuite et confidentielle mais obligatoire sur le site www.papamamanbebe.net ou par téléphone au 01 40 40 90 25.
