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Bernard Hirschel | Charge virale indétectable | Jean-François Delfraissy | Louis Bujan | Pietro Vernazza | Sexe et sexualité

Etre séropositif mais non-contaminant sous certaines conditions ? Trois experts quantifient les risques

25 avril 2009 (papamamanbebe.net)

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Pour la 400ème émission, c’est à Reda de faire la promotion de la 4ème Rencontre des parents et futurs parents concernés par le VIH, qui aura lieu le 23 mai 2009 à l’hotel de Ville de Paris, de 9h à 19h.

« Si vous ratez cette rencontre, vous passez à côté d’un truc hyper important qui ne va pas se reproduire. Déjà si vous n’étiez pas à la 3ème Rencontre l’année dernière, c’est dommage, parce qu’il y avait Pietro Vernazza, ce fameux médecin suisse et président de la commission fédérale suisse sur le Sida. C’est lui qui avait expliqué qu’il y a peut-être une solution pour les couples qui échouent au niveau de l’assistance médicale à la procréation classique en France, bref, tous les couples concernés par le VIH qui veulent faire des bébés.

On a un petit peu un train d’avance sur le reste de la planète VIH. Cette année, on va parler avec Bernard Hirschel. Y a plein de gens qui on essayé de le faire venir à Paris. Il vient pour le Comité des familles, ce n’est pas par hasard, c’est un petit peu grâce à Tina ! En même temps peu importe la raison, il vient, et il sera là le 23 mai pour répondre à vos questions ».

Pour ceux qui n’avaient pas suivi les émissions précédentes, Tina nous rappelle qui est cet éminent médecin qui a annoncé cette petite révolution.

« Bernard Hirschel fait parti des trois médecins qui ont formulé l’avis suisse qui dit qu’avec une charge virale indétectable depuis au moins six mois, pas d’autres infections sexuellement transmissibles et dans un couple stable (monogame), la personne n’est plus contaminante lors de rapports sexuels non protégés. Ce sont des médicaments qui vont protéger la personne séronégative d’une contamination au VIH ».

Réaction de Louis Bujan, un grand spécialiste de l’AMP en contexte viral.

Louis Bujan : « Piettro vernazza, que je connais bien, pose effectivement une vraie question. Je ne dis pas que le message à faire passer est qu’on peut faire un enfant dans son lit tranquillement en enlevant le préservatif. Je ne suis pas sûr que le message soit encore près pour ça. Un certain nombre d’arguments font que chez des gens qui sont parfaitement bien traité, sans charge virale, on peux penser que le risque est réduit, mais il n’est pas nul et on sait qu’il y a des facteurs, par exemple d’infections génitales qui n’ont rien avoir avec la charge virale dans le sang, qui peuvent être des facteurs d’excrétions virale dans le sperme.

Reda : Même une personne parfaitement traitée peux se retrouver avec du virus dans son sperme à cause d’une maladie, par exemple une IST ?

A cause d’une infection génitale, d’une inflamation, on a des globules blancs qui peuvent apparaître, et à ce moment-là, on a plus de risques d’avoir du virus dans le sperme. Sous un certains nombres de conditions on pourrait proposer cette méthode là ; c’est à dire faire un enfant chez soi tranquillement. C’est bien sur la meilleure des situations, mais je crois que le message doit être très très prudent par rapport à ça. C’est dans certaines circonstances particulières. Je ne voudrais pas que dans l’esprit des gens on se dise de manière automatique : « je suis traité, j’ai une charge virale indétectable, donc je peux enlever le préservatif »

Nous avons publié en 2004 une étude qui montrait qu’on avait pas forcément de moyen de prédire l’excrétion virale dans le sperme. Comme nous avons des patients qui viennent plusieurs fois faire des prélèvements de sperme, on peux parfois retrouver du virus dans le sperme sans qu’on ai forcément une explication ».

D’après Tina qui s’est rendu à Toulouse à la 4eme journée VIH et Désir d’enfants, l’avis suisse était au cœur de la polémique. Les médecins français sont plus prudents sur le sujet. En effet, d’après une étude réalisée par Emmanuel Dulioust, Docteur à l’hôpital Cochin à Paris, si la charge virale est indétectable dans le sang, dans 5% des cas, elle ne l’est pas dans le sperme. Le véritable objectif de recherche se porte donc sur la possibilité ou non que ces particules soient contaminantes.

« D’après les Suisses, il n’y a jamais eu de cas de contamination, donc épidémiologiquement parlant il n’y a pas de risques.

Réaction de Jean-François Delfraissy, directeur de l’Agence nationale de recherche sur le Sida (ANRS)

« Le risque est très faible, mais on en peut pas dire qu’il est nul, et c’est là toute la difficulté. Le fait de rendre indétectable les patients traités réduit le risque de transmission au sein de la population. Mais si on s’intéresse aux couples qui eux, ne voient pas le problème de la population, ils voient leur problème de couple, est ce qu’on peux leur répondre que le risque est nul, la réponse est non. Le risque est faible, très faible, mais il n’est pas nul ».

Le 7 novembre 2007, Piettro Vernazza s’intéressait, lui, à cette peur de dévoiler cette nouvelle.

« Les médecins on peur d’être les premiers à dire ce que peut-être beaucoup de monde dans ce cercle pense. Beaucoup de médecins pensent la même chose, mais n’osent pas le dire ».

Pour Nabila, « on ne peux pas continuer à dire aux gens ‘préservatif !’, ‘préservatif !’ en occultant ce genre d’avancées. Les médecins suisses ne sont pas fous d’avancer des choses comme ça, c’est pas pour mettre des gens dans le risque. Les choses avancent, pas mal de médecins le disent, mais on sait que les médecins français ont toujours été hésitants quand il s’agit de choses comme ça ».

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