Charge virale indétectable | Contamination et prévention | Sexe et sexualité
Pour Nicole, séropositive depuis 1987, diffuser l’avis suisse sur l’intérêt préventif du traitement peut être « dangereux »
20 mai 2009 (papamamanbebe.net)
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Écouter: Pour Nicole, séropositive depuis 1987, diffuser l’avis suisse sur l’intérêt préventif du traitement peut être « dangereux » (MP3, 5 Mo)
Nicole, une auditrice de Toulouse qui souhaitait s’exprimer pendant l’émission, a tenu à prendre part au débat sur l’Avis suisse. Elle-même séropositive ainsi que bénévole dans une association, Nicole s’inquiète du fait que l’avis suisse soit divulgué, selon elle, de façon trop diffuse et sans encadrement (rappel des conditions préconisées par l’avis suisse) à un public non averti.
Avant même de parler de l’avis suisse, nous sommes allés à la rencontre de ce "public", c’est-à-dire la population générale, en réalisant un micro-trottoir à fin de savoir où en était leurs connaissances sur le sida dans un premier temps. Découvrez leurs réponses, elles vous surprendront.
Témoignage : Selon l’avis suisse, si on a une charge indétectable pendant au moins six mois, et pas de MST, on peut avoir des rapports non protégés, et donc avoir des enfants. Comme j’ai une charge indétectable, et ma partenaire aussi, on envisage d’avoir des enfants.
Reda : A l’origine de tout ce débat, un avis publié par la commission fédérale suisse, sur les problèmes liés au sida, présidée par Pietro Vernazza, et d’autres médecins dont Bernard Hirshel, qui vient à Paris, à l’Hôtel de Ville le 23 mai, à l’occasion de la 4ème rencontre des parents et futurs parents concernés par le VIH.
Notre première invitée téléphonique, Nicole, nous appelle depuis Toulouse. Bonjour Nicole et bienvenue à l’émission. Je rappelais ce qu’est cet avis suisse, publié par des médecins, qui les premiers ont eu le courage de dire ce que beaucoup de médecins savaient depuis des années, ce que toutes les données disent depuis au moins une dizaine d’années.
A savoir les traitements antirétroviraux, qui permettent non seulement de sauver des vies, mais aussi de diminuer le risque de transmettre le virus. C’est une nouvelle énorme, dont on parle très peu, en dehors des milieux du VIH. Toi, Nicole, tu m’as dit que tu trouves que cet avis suisse peut être dangereux. On aimerait que tu nous dises pourquoi, mais avant je t’invite à te présenter pour les auditeurs.
Nicole : Bonjour, je m’appelle Nicole, je suis séropositive depuis 1987, j’habite Toulouse. Je suis bénévole dans une association dont je ne vois pas l’utilité de dire le nom puisque je parle en mon nom propre ce soir. Je trouve un peu dangereux de parler de rapports non protégés, parce que vous savez très bien qu’il y a des gens qui vont en profiter pour avoir des rapports sexuels non protégés, et se donneront bonne conscience en écoutant ces recommandations suisses. Maintenant, si ça peut faire avancer le dépistage et augmenter la prise de traitement, c’est formidable.
Ce que je trouve dangereux, c’est de diffuser cette information sans donner tous les éléments.
Ce sont des cas très particuliers. Je ne sais pas ce que ça peut faire dans la tête de jeunes contaminés, ou pas d’ailleurs. Et vous ne dites pas que ce n’est pas une charge indétectable, ce n’est pas vraiment un risque zéro. Alors est-ce qu’à ce moment-là on ne pourrait pas faire une charge virale du sperme ou des secrétions vaginales ? A ce moment là ce serait plus fiable de donner une telle information.
Reda : Alors ça c’est un point de vue, et ce sont des interrogations que se posent beaucoup de personnes. Je pense effectivement que c’est très important de ne pas s’emballer et d’essayer de poser un regard critique, de s’interroger sur les conséquences de cette annonce. Ça y est c’est public, l’information se trouve un peu partout sur le net.
Camille et Marjorie sont parties dans la rue, pour interroger des gens, non pas sur l’avis suisse dans un premier temps, mais comme première question elles leur ont demandé, le VIH, sida, qu’est-ce que ça évoque pour vous tout simplement.
Micro-trottoir :
Si je vous dit VIH, sida, qu’est-ce que ça vous inspire ?
Il faut se protéger
A des rapports qui tournent mal
Maladie à vaincre, plutôt
Préservatif, sexe, faire attention
MST et pour le sida, un virus
Une pandémie, pour laquelle on n’a pas encore trouvé, ni de vaccins, ni de remèdes, et qui fait beaucoup de victimes, notamment dans les pays pauvres.. pas seulement
C’est une maladie, c’est quelque chose de moderne, quelque chose qu’on connaît pas
Une maladie qui fait très très peur et qui tue beaucoup trop de monde, notamment en Afrique
C’est vrai que le sida, c’est une drôle de maladie, et puis tout le monde est informé mais ça n’empêche pas les jeunes de ... ils ont pas d’argent, ou ils préfèrent s’acheter du coca plutôt qu’une boîte de capote. Ils n’ont qu’à les donner les capotes.
Depuis 1995, l’émission Survivre Au Sida s’adresse et donne la parole aux personnes séropositives. Et c’est vrai qu’on avait peut-être un peu oublié d’aller simplement poser des questions à des personnes au hasard, comme ça, dans la rue. Camille tu viens de rejoindre notre équipe, alors quels souvenirs as-tu gardé de ce premier micro-trottoir, est-ce que les gens étaient étonnés qu’on leur pose encore des questions sur le sida ?
Camille : En fait, ils n’étaient pas vraiment étonnés, c’est plutôt nous qui étions étonnées des réponses qu’on a eues. On a cherché à interroger tous types de populations, des jeunes, des moins jeunes, des femmes, des hommes, et l’on se rend compte que ce n’est pas forcément les réponses auxquelles on s’attendait.
C’est vrai qu’avec Marjorie, on voulait vraiment savoir, quand on vous dit VIH, sida, qu’est-ce que vous en pensez, et l’on se rend compte que déjà, les gens, VIH, ça ne leur dit pas grand chose, et sida, c’est une maladie mais les gens n’en savent pas beaucoup plus. C’est un peu difficile, les gens n’en savent pas beaucoup, mais certaines personnes au contraire ont beaucoup d’informations. En tout cas, c’était vraiment très intéressant de faire ce micro-trottoir, et de savoir ce que la population pouvait penser de ce sujet.
Reda : Moi j’ai surtout été étonné par les réponses du deuxième micro-trottoir, qu’on écoutera dans la deuxième partie de l’émission. A savoir, lorsque vous leur avez présenté l’avis suisse, une personne séropositive peut ne plus être contaminante, grâce au traitement, et j’étais sidéré par les réponses que vous avez eu du public.
