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Médicaments plus préservatifs, qui dit mieux ? Un débat radiophonique pour comprendre les enjeux du traitement en prévention
20 mai 2009 (papamamanbebe.net)
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L’avis suisse sur le traitement et la prévention, on en parle, mais est-ce foncièrement une bonne chose ? Les risques de dérives sont possibles. Alors, faut-il faire confiance aux séropositifs ? Les médicaments sont-ils désormais plus efficace que le préservatif dans le cadre d’une prévention ? Entre Reda Sadki, le professeur Rozenbaum du Conseil National du sida et Laurent Gourarier, psychiatre, les avis divergent.
Reda : Jeudi dernier, il y a eu cette conférence de presse à l’Assemblée nationale, organisée par le Conseil National du Sida, pour annoncer la publication de son avis sur l’intérêt préventif du traitement. Avec Hélène et Marjorie, on a enregistré des extraits de cette conférence, avec notamment l’intervention du président du Conseil Willy Rozenbaum, qui s’exprime sur une question qui compte beaucoup dans le débat. On parle du préservatif comme un moyen de prévention absolu, avec un risque zéro. Hors ce n’est pas le cas et c’est bien de le rappeler. On écoute Willy Rozenbaum sur le sujet.
Rozenbaum : C’est l’abstinence. Beaucoup de gens pensent que l’usage du préservatif est un risque zéro : c’est faux. Mais les gens n’ont pas envie d’entendre ça non plus. Ce que je constate, c’est que généralement c’est le partenaire séronégatif qui demande un relâchement du port du préservatif. C’est souvent la personne contaminée qui ne peut pas assumer le risque de transmettre, et ça les bloque énormément. C’est ça la situation la plus courante. Même si on leur dit que le risque est de 1 sur 1 million, j’ai beaucoup de patients qui me disent : et bien ce risque, je ne le prendrai pas. C’est à deux que l’on prend cette décision, le rôle du médecin est marginal.
Reda : J’aimerais maintenant me tourner vers Laurent Gourariet. Ce dont on parle, l’un des enjeux, ça fait 25 ans que la prévention est fondée sur l’idée que les gens vont changer leur comportement, et adopter des comportements de prévention, en l’occurrence le préservatif. Or, on l’a dit, il n’y a pas de risque zéro avec le préservatif. Ça me rappelle Laurent Gourarier, dont je résumerais le centre d’intérêt à la trinité : seringue, préservatif, antirétroviraux.
Parmi les psychiatres qui ont tout fait pour changer les comportements des usagers de drogues, il y en a qui se sont dit : on ne va pas attendre que ces usagers de drogue changent de comportements pour leur donner les moyens qui pourraient leur permettre d’échapper à une contamination par le virus du sida. Et après 25 ans de tout préservatifs en ce qui concerne la prévention, on a trouvé un moyen, qui semble au moins aussi efficace que le préservatif. Alors Laurent qu’est-ce que vous pensez de tout ça ?
Laurent Gourarier : Je suis d’abord très attentif à ce qui se passe en suisse, moi j’ai été formé à manipuler la substitution, qui permet à des gens qui consomment des drogues dures, de ne plus s’infecter, et on a vu des tas de gens qu’on croyait irresponsables devenir précautionneux, en ce qui concerne leur survie, mais surtout celle de leurs proches.
Il y a un a priori important en ce qui concerne la responsabilité des gens infectés par le VIH. S’il faut regarder tous les comportements des personnes séropositives, si on peut pas faire confiance aux gens qui sont infectés, alors c’est foutu, on devient angoissé à mort. Le préservatif, c’est pas un truc magique, si chacun fait pas attention pour soi, ça ne marchera jamais. Et c’est valable pour tout le monde, et surtout pour les jeunes. Et en ce qui concerne l’avis suisse, il y a de l’inquiétude, mais depuis que cet avis est sorti, personne n’est allé taper sur les tambours médiatiques. Les gens séropositifs, ils font attention. Est-ce que vous avez déjà vu quelqu’un aller au JT de 20h crier : enlevez le préservatif, il n’y a plus de risques ! Personne ne fait ça !
L’inquiétude raisonnée, elle est du côté des gens qui défendent l’avis suisse. Et au contraire, l’angoisse elle est du côté des gens qui cherchent à se retrancher derrière le médecin tout puissant.
Il y a des choses à faire : aider ces gens là à guérir d’un côté, et protéger leurs proches de l’autre. Et finalement c’est le même geste. Alors soyons tous responsables.
Alors je voudrais dire à Nicole : bien sur que nous (les médecins qui défendent l’Avis suisse) faisont gaffe, alors de l’autre côté, il faut que les séropositifs fassent gaffe, et ensemble, on va pouvoir travailler ensemble dans le même sens, pour qu’il y ait moins de sida.
