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Pas facile d’être papa ! Pour Ali, la réunion des papas et futurs papas concernés par le VIH l’aide dans la relation avec son fils

27 octobre 2009 (papamamanbebe.net)

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Reda : Il y a deux personnes autour de la table qui ont raté le repas de l’amitié. Alors il y a Cyril et Allie.

Ali : En fait j’étais quand même bien accueilli puisque quand je suis arrivé la majorité des gens avaient mangé mais ce qui n’a pas empêché les personnes présentes en cuisine de me préparer une assiette.

Reda : Qu’est-ce que qui était intéressant pour toi dans la réunion des papas, ces pères concernés par le VIH, futurs papas qui ont décidé d’apporter le soutien aux hommes qui apprennent leur séropositivité. J’aillais dire en cours de grossesse mais ça ne marche pas comme pour les grandes sœurs, pour les mamans et futures mamans qui sont enceintes. Pourquoi c’est important pour toi ce projet ?

Ali : En ce qui me concerne, je suis papa de longue date mais ce qui est important pour moi c’est partager les expériences avec les papas voir les futurs papas de façon à voir comment chacun aborde le sujet avec ces enfants, avec sa compagne et en l’occurrence ce qui me préoccupe c’est, j’ai vécu cette difficulté à parler de la pathologie avec mon propre fils. Au fil des années alors que maintenant il a passé les 18 ans, les différentes réactions que peuvent avoir les enfants restent un problème, je sais que par exemple mon fils était relativement dans le déni pendant un certain nombre d’années et quand il a mûri entre 16 et 18 ans j’ai quand même pu un peu aborder le sujet avec lui et bien qu’il préfère ne pas en parler, il ne me rejette pas pour autant, ce n’est pas le cas de tout le monde. Donc plus on est nombreux je pense, à parler de cela, plus les personnes qui souhaitent être père, les hommes qui souhaitent être pères, pourront éventuellement aborder le sujet avec leurs enfants de manière à ne pas trop les heurter et en même temps sans vraiment gâcher la situation de manière à ce que…

Yann : Puis rappeler aussi que pour chaque personne séropositive, il y a une possibilité d’avoir des enfants maintenant et que ça faudrait le dire un peu plus pour justement…

Reda : Pour que le message passe. Sur la génération des années quatre-vingt, qui a appris sa contamination dans les années quatre-vingt-90 moi je me souviens c’était au méga couscous des familles le 8 décembre 2007. On ne se connaissait pas Allie, j’avais dit, il y avait plusieurs mamans qui avaient la parole, et j’avais lancé un appel justement au papas et c’était toi qui avais pris le micro comme ça. Tu te rappelles de ton propos à l’époque ?

Ali : En fait, tout au long de ces années puisque ça date, ma contamination date de 83, la naissance de mon fils en 91. Mais justement au méga couscous il y a la fameuse réunion. Chaque personne était libre de s’exprimer j’étais encore dans cette situation bien que séparé, j’avais des contacts avec mon fils et j’expliquais le bonheur d’être père tout en gérant la relation avec l’enfant. Dieu merci ni la mère, ni l’enfant ont été contaminés mais pareille je jugeais, je pense c’est utile de dire qu’il ne faut pas tenir les enfants totalement à l’écart du problème car tôt ou tard ils finissent par l’apprendre et vaut mieux qu’ils l’apprennent par la bouche de leurs parents, en l’occurrence par moi puisque la mère de mon fils n’était pas contaminée. Si ça peut servir à d’autres personnes tant mieux. Sinon c’était ma propre expérience et en tout cas dans ma vie de tous les jours je me rends compte que je n’ai pas trop mal réussi même si ce n’est pas parfait mais malgré tout…

Reda : Donc l’expérience des pères qui vivent avec le VIH on en entend très peu parlé. Tout ça après un bon repas. C’était samedi au Comité des familles. Cyril n’y était pas non plus, il est avec nous en studio pour nous parler des discriminations subies entre les mains de la maison des personnes handicapées, la MDPH. Mais est-ce que tu regrettes Cyril de ne pas avoir été avec nous samedi pour ce repas de l’amitié ?

Cyril : Oui, bonjour à tous et à toutes. Je pense effectivement que ça aurait pu être intéressant, voir enrichissant avoir un échange personnel, entre le vécu justement de ces personnes et la situation habituelle encore aujourd’hui que vivent les gens puisque ça peut être encore pour beaucoup un sujet tabou donc oui je pense que ça aurait été un moment agréable à partager.

Transcription : Sandra Jean-Pierre


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