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Saint Valentin Séromantique : les petites annonces du coeur à l’antenne de Survivre au sida
14 janvier 2010 (papamamanbebe.net)
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Écouter: Saint Valentin Séromantique : les petites annonces du coeur à l’antenne de Survivre au sida (MP3, 3.7 Mo)
Reda : On va repartir maintenant, on a deux grandes annonces à faire aujourd’hui, deux grandes dates à marquer sur vos calendriers. La première ! Je ne vais pas vous donner les deux en même temps. C’est le 14 février. La Saint Valentin séromantique ! Et pour entrer dans le vif du sujet, on va écouter une petite annonce.
Début du son
Coco : Bonjour ! Moi c’est Coco. Pour la fête de la Saint Valentin, je souhaiterais croiser quelqu’un pour vivre avec lui. J’ai 40 ans, 1m65, je suis africaine. Je voudrais croiser quelqu’un et fonder une famille peu importe la couleur de peau. Pourvu que cette personne soit stable, gentille, affectueuse et qu’elle me comprenne. J’ai oublié une chose. Je voudrais un mec qui mesure plus d’1m70.
Fin du son
Reda : C’était Coco. Et Coco, avec de nombreux autres convives, sera à la fête des amoureux "La Saint Valentin séromantique" le 14 février 2010. Cette date-là à noter sur votre calendrier, ça se passe à la Maison des Familles à Paris. Mais pour la première fois, Ousmane va vous livrer la nouvelle ; ça ne va pas se passer qu’à Paris. Et si vous êtes loin, il y a peut-être une fête des amoureux qui vous attend. Ousmane…
Ousmane : Justement, il y a des fêtes des amoureux organisées à Pau, à Toulouse et à Valenciennes.
Reda : Au moins trois fêtes ? ! Peut-être qu’il y en aura d’autres.
Ousmane : On espère vu que le Comité des familles commence justement à être…
Reda : ...à faire des petits. Des bébés "comité"…
Ousmane : Des bébés dans toute la France. Donc, on espère qu’il y aura d’autres volontaires qui vont porter haut le drapeau pour le 14 février.
Reda : C’est ça. Je voulais lancer l’appel si vous êtes séropositif. Si vous partagez votre vie avec quelqu’un qui l’est et vous avez envie d’organiser une "Saint Valentin séromantique" là où vous êtes. Vous pouvez bien sûr venir sur Paris, Toulouse, Valenciennes et Pau, vous serez accueillis chaleureusement. Mais vous pouvez aussi faire votre propre fête, quitte à la faire entre quatre ou cinq potes et le faire savoir. L’émission de radio et le site www.séropo.net seront là pour vous relayer.
Ousmane : Je voulais justement rappeler, puisqu’au début je n’ai pas donné l’adresse où nous joindre. C’est au 01 40 40 90 25 ou www.papamamanbebe.net.
Reda : Voilà. Même si c’est sur le site www.séropo.net que vous trouvez une rubrique "petites annonces". Et tout le mois qui vient, à l’occasion de cette "Saint Valentin, c’est romantique", l’émission "Survivre au Sida" va diffuser vos petites annonces. Vous aussi, vous pouvez composer le 01 40 40 90 25 ou m’envoyer un mail, tout simplement : reda@papamamanbebe.net. On prend contact, on cale un rendez-vous téléphonique. Et bien, vous vous présentez comme l’a fait Sadek qu’on va écouter maintenant.
début du son
Sadek : Je m’appelle Sadek, je suis un homme de 45 ans. Bonne allure, entre guillemets et puis voilà. Mes vœux ? ! J’espère que pour tous ceux qui vont recevoir ces vœux-là, tous leurs désirs seront exaucés pour cette année 2010. Et portez-vous bien. Je suis un homme assez volontaire et qui aime les bonnes choses de la vie, et puis sportif. J’aime bien tout ce qui est loisirs. Ce dont je me sens proche, c’est le théâtre, le chant et puis le sport.
Ousmane : Sadek, tu écoutes quoi comme musique ?
Sadek : Moi, vraiment de tout. Je n’ai pas une musique spécifique. Vraiment, c’est un mélange de toutes sortes de musique. Tant que c’est de la musique qui m’entraîne, qu’elle m’emmène autre part que dans la réalité aujourd’hui, c’est de la bonne musique. La femme que je voudrais rencontrer, ce serait une femme pleine d’énergie, volontaire dans la vie, sportive, et puis, qui a une bonne culture générale dans son environnement actuel, et puis, autres. Comment on pourrait me reconnaître ? Point d’interrogation ! Je fais 1m80 et je fais 76, 78 kg. J’ai des cheveux légèrement argentés. Ce n’est pas que je veux me jeter des fleurs mais pas mal comme garçon, pas mal. Toutes ces femmes-là, j’ai envie de leur donner un petit poème si c’est possible, si j’ai le temps.
Ousmane : C’est possible.
Sadek : C’est un poème d’Arthur Rimbaud. Il s’appelle Sensation :
Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien,
Mais l’amour infini me montera dans l’âme ;
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, heureux — comme avec une femme.
Reda : Sadek, un poète pour "une soirée séromantique" ou "des soirées séromantiques" plutôt, parce qu’elles vont avoir lieu dans toute la France, à Paris, à Pau, à Toulouse et Valenciennes. Partout où il y a des séropositifs qui se mobiliseront pour faire en sorte que l’amour puisse vivre. Je vais demander à Tina, tout simplement, de nous rappeler pourquoi quand on est séropositif, cette question de trouver l’amour prend une autre dimension.
Tina : Je pense que quand on reçoit cette annonce, on se dit d’abord qu’on n’a plus le droit à l’amour, que personne va accepter de vivre avec une personne séropositive. Personne ne voudra faire l’amour avec une personne séropositive. Et puis, au comité, on voit que c’est faux. Il y a des couples qui tiennent face à la maladie et l’amour est fort malgré le VIH.
Reda : Natacha est une slammeuse qui nous fait le plaisir de rendre visite à l’émission "Survivre au Sida" aujourd’hui. Bienvenue tout d’abord à l’émission. On voulait poser quelques questions indiscrètes. À commencer par celle-ci. Quand est la dernière fois que tu as été amoureuse ?
Natacha : Là, récemment.
Reda : Récemment ! Où est-ce que tu es toujours amoureuse, peut-être ?
Natacha : Oui
Reda : Voilà. À quand remonte la dernière fois que tu as fait l’amour ?
Natacha : Là, récemment. Oh là ! Tout le monde va être au courant.
Reda : Quand tu entends parler de cette fête organisée par le Comité des Familles pour les séropositifs et ceux qui les aiment. Est-ce que tu comprends la démarche qui est la nôtre, que c’est difficile de trouver l’amour quand on vit avec le VIH ?
Natacha : Je pense que Tina l’a très bien dit et exprimé. Je pense que c’est difficile même quand on n’est pas séropositif parce qu’aujourd’hui, aimer, c’est tellement difficile. Il y a tellement de convenances et c’est tellement enfermé dans des conditionnements. Le VIH est un conditionnement dans lequel on met les gens et que ça doit l’être encore plus. C’est une société, un monde où on ne laisse pas beaucoup parler le cœur. Quand on laisse parler son cœur, au-delà de la maladie comme l’a très bien dit Tina, l’amour est très fort. Et c’est vrai que l’amour est très fort et peut faire des miracles. Après, il faut s’adapter. Il y a une réalité à vivre avec. Mais je pense que l’on soit malade ou pas, il y a toujours une réalité avec laquelle il faut composer notre amour et notre vie. Et quand il est vrai, pur et fort, ça le fait.
