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Daniel Canepa | Fête des Amoureux | France Lert

France Lert : « Le Groupement régional de santé publique a une vision archaïque de la prévention pour les personnes séropositives »

18 février 2010 (papamamanbebe.net)

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Reda : Un dernier point mais qui n’est pas des moindres, c’est que ces soirées séromantiques s’adressent a priori aux hétérosexuels. Donc de nouveau ce n’est pas fermé, on ne vérifie pas la sexualité à l’entrée pas plus que le statut sérologique. Mais on s’est rendu compte qu’il y avait un besoin. Et autant du côté des gays, il y a des boites, il y a des établissements de toutes sortes pour répondre à pleins de besoins différents d’ordre sexuel. Côté hétérosexuel et VIH il n’y avait rien. Hormis nos petites soirées organisées avec des moyens dérisoires. Comment est-ce que France Lert vous voyez ce schisme ? C’est-à-dire d’un côté une population touchée, dont la sexualité apparaît vraiment au premier rang des préoccupations des priorités y compris celle de santé publique et de l’autre côté, la sexualité des hétérosexuels touchés par le VIH qui est un peu réduite à une catégorie subordonnée. Par exemple le Groupement Régional de Santé Publique d’Ile-de-France quand on lui a proposé d’aider, de participer aux financements des soirées séromantiques, ils ont dit : « mais c’est n’importe quoi, ça n’a rien avoir avec la prévention du sida, ce n’est pas de la santé publique ». Est-ce que vous êtes d’accord ? Deux questions différentes et distinctes quand même.  

France Lert : D’une part moi je trouve, c’est vrai que probablement le GRSP est resté sur une vision totalement archaïque de ce qu’est une prévention rénovée pour des personnes séropositives qui ont la vie devant elles et qui doivent pouvoir vivre une vie quotidienne satisfaisante. Donc ça je pense que le GRSP a eu tord et j’espère qu’à l’avenir en tout cas, dans nos recommandations on a tout fait pour essayer de soutenir des initiatives de ce genre. Alors maintenant en ce qui concerne les homosexuels et les hétérosexuels , c’est vrai que, des travaux plus anciens montrent que dans la population homosexuelle, il y a une telle fréquence de la séropositivité que, elle quand même au cœur de l’organisation de la vie sexuelle, dans une certaine mesure, même s’il y a un niveau de prévention qui est totalement insuffisant. En revanche, les personnes séropositives sont beaucoup moins nombreuses parmi les hétérosexuels et rencontrer une personne hétérosexuelle qui comprend ce qu’est l’expérience de la séropositivité et qui a déjà eu des amis proches qui avait cette infection, c’est beaucoup plus rare. Je pense et d’ailleurs des études ont montré, les hétérosexuels, se sentent beaucoup plus isolés et je pense que l’activité du Comité des Familles de toute façon, elle n’est pas uniquement lié à la sexualité. Elle envisage tout un ensemble, de facette de l’existence et cette facette là elle est extrêmement importante donc pour moi, c’est vrai que pour les hétérosexuels probablement, il y a beaucoup plus de solitude, beaucoup moins de personnes qui partagent cette même expérience si dans les associations on n’a pas l’occasion de parler et parler de cette question intime qu’est la sexualité. Et Dans le fond il y a en parler, on peut faire des conversations, des groupes de paroles, des machins etc. Mais agir dans la fête c’est une façon de dépasser les obstacles vraiment, que les gens ont . Il suffit d’interroger les gens infectés par le VIH pour voir que c’est un moment qui est redouté, cette dimension de la vie qui fait souffrir. Et donc en sortir de cette façon quand même plutôt joyeuse, ça me parait très positif, à la fois encore une fois pour la prévention et pour la santé des personnes elles-même.

Reda : France Lert est donc directrice de recherche à l’INSERM et co-auteur avec le docteur Gilles Pialoux, le patron du service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon d’un rapport sur la réduction des risques sexuels qui fait état de ces soirées séromantiques et de tout l’intérêt quelles présentent dans le cadre de la lutte contre le VIH et dans le cadre de la santé publique. Réaction avant de partir à Saint Denis.  

Sofi : Moi juste une réaction par rapport au fait que la personne qui dit aussi également :« Bonjour, arrêtez de vous dire qu’il y en a que pour les homosexuels, c’est scandaleux, c’est limite homophobe ». Il y avait deux personnes homosexuelles sont venues aussi à la soirée séromantique et qui ont été super content de la fête et de partager cela avec nous. Il n’y a pas de discrimination ici, on est tous dans le même bateau et le Comité des Familles est ouvert à tous. On n’est pas homophobe, et vous êtes les bienvenus peu importe de quels bord vous soyez.

Transcription : Sandra Jean-Pierre et Fayçal Kadmiri

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