Bally Bagayoko | Denis Méchali | Isabelle Gibert-Chabin | Méga couscous des familles vivant avec le VIH | Nabila | Samira Guedichi-Baudoin | Virginie Le Torrec
À Saint-Denis, ville de banlieue qui a payé un lourd tribut au sida, les élus ont affirmé leur soutien aux familles vivant avec le VIH
1er avril 2010 (papamamanbebe.net)
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Samedi 20 mars, la petite scène ouverte montée pour le Méga Couscous des familles dans la cour intérieure de la Maison de la jeunesse de Saint-Denis a porté de grands messages.
Pour commencer, des interventions des élus de Saint-Denis, venus affirmer leur soutien à cette initiative organisée par des familles vivant avec le VIH : Virginie Le Torrec (adjointe à la santé), Bally Bagayoko (adjoint à la jeunesse) et Fabienne Soulas prendront tour à tour le micro pour répéter l’intérêt portée à la lutte contre le VIH et à son histoire…
Le docteur Isabelle Gibert-Chabin de l’Unité Ville et Santé interviendra ensuite avant de laisser la parole à Samira Guedichi-Baudoin. Cette dernière intervenante parlera « contre la honte et le silence » en évoquant l’histoire de l’épidémie en banlieue. Enfin, preuve du soutien de la Mairie devant l’affluance, le maire lui-même se déplacera malgré la fièvre électorale du deuxième tour des régionales...
Sur scène, ensuite, pour présenter le Comité des familles : Son président, Reda Sadki, Sam et Sophia, deux enfants du comité, et Nabila, secrétaire-général et maman de trois filles en parfaite santé.
Le Dr Denis Méchali, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital au plus fort de l’épidémie du sida en Seine Saint-Denis, citera le nom de Jonathan Mann, ancien directeur du Programme mondial de lutte contre le sida de l’Organisation mondiale de la Santé, qui avait été parmi les premiers à déclarer que la question des droits humains était indissociable de la lutte contre le sida.
Après les prises de parole d’ouverture, place à la danse tzigane. La troupe Romano Atmo, et la joie qu’elle partageait à travers l’âme tzigane, ont ouvert le bal. Puis les danseurs ont laissé place aux rappeurs. Poésie des rues, les groupes comme El- Detter, Tshek, Collectif Tver, Collectif les Dix Fils… racontaient la vie. Les larmes de tristesse se mélangeaient aux larmes de joie, la vie était contée telle qu’elle est, parfois dur et cruelle. Pourtant l’émotion transmise restait celle de la joie. Et celle de l’espoir. L’espoir de voir ces nouvelles générations faire bouger les choses. L’espoir de la réunion entre générations, avec jeunes et moins jeunes réunis pour danser sur les rythmes du rap.
Vint ensuite les prises de parole des familles vivant avec le VIH. La scène du Méga Couscous a tenu bon sous tout le poids du cumul de ces émotions. À l’espoir s’ajoutait le courage. Le courage de monter sur cette scène, seul devant tous, afin de témoigner et d’informer. Raconter ce qu’a été la maladie du sida, et ce qu’elle est aujourd’hui. Les progrès de la médecine, le manque de progrès dans les mentalités. Les difficultés et les combats, les attentes.
Autour de cette scène, des familles concernées directement ou indirectement, des familles, qui voulaient s’informer, sont repartis bouleversés non seulement par la force des témoignages mais également par tout ce qu’ils avaient appris. Avec en retour gratitude et le plus profond respect.
Respect et gratitude ont ainsi clôturé l’après-midi, lorsque de belles femmes sont sorties de la cuisine pour monter sur scène et danser. Celles qui avaient relevé le défi de préparer un Couscous pour 600 personnes.
L’union fait la force. Devant la mobilisation hors norme du Comité des familles, cette phrase avait du sens le samedi 20 mars, lors du Méga Couscous des familles à Saint-Denis.
Alissa Doubrovitskaïa
