Méga couscous des familles vivant avec le VIH
Hakim, livreur venu au Méga Couscous des familles, n’avait jamais vu ou entendu des personnes séropositives prendre la parole
27 mars 2010 (papamamanbebe.net)
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Écouter: Hakim, livreur venu au Méga Couscous des familles, n’avait jamais vu ou entendu des personnes séropositives prendre la parole (MP3, 2 Mo)
Reda : Mais je voulais que l’on commence par des gens que l’on ne connaît pas et qui ne nous connaissaient pas non plus. On va écouter trois prises de paroles de personnes qui découvraient le Comité des Familles, et franchement c’est pas trop mal de nous avoir découvert ce samedi à l’occasion du Méga Couscous.
(Début du son)
Hakim : Je m’appelle Hakim, j’habite dans le 92, je travaille dans la livraison, et puis voilà… J’étais ce matin branché sur la radio Beur FM et j’ai entendu parler de cette manifestation dans l’après-midi, et je me suis dit que c’était l’occasion d’y aller, de voir un peu ce qui passe et de rencontrer peut-être des gens et tout. Puis voilà je suis ici.
Yentl : Et donc vous êtes content de ce que vous avez vu ici ?
Hakim : Ben, je suis un peu déçu parce que je suis arrivé un peu tard, j’aurais dû arrivé un peu plus tôt… ça fait une petite demi heure, mais j’ai quand même entendu les témoignages de gens qui bien sûr m’ont touché. En direct, c’est la première fois que j’entends parler de gens séropositifs qui témoignent et tout, donc c’est toujours touchant, on apprend toujours des choses bien sûr.
Yentl : Et qu’est-ce que vous avez appris par exemple ?
Hakim : J’ai eu confirmation qu’une femme séropositive ne contaminait pas forcément les enfants. J’ai surtout, surtout, surtout, remarqué leur détermination et leur motivation assez évidente de témoigner et de se battre malgré tout.
Yentl : Et vous, vous avez déjà été gravement malade ou confronté à la maladie ?
Hakim : Gravement malade ? Grosse grippe, ouais des grosses grippes avec 40° de fièvre, j’ai eu ça.
Yentl : Et quand vous êtes malade qui s’occupe de vous ? Votre famille ?
Hakim : La famille oui. En général, la famille, et quand je suis malade et qu’il n’y a pas la famille à côté, si j’ai la chance d’avoir un ou une amie, bah c’est bien, sinon on se débrouille tout seul. Mais c’est vrai que la famille dans ces cas-là c’est super important.
(Fin du son)
Reda : Zina et Tina étaient bien sûr au Méga Couscous des Familles, quand vous entendez ce jeune homme qui découvre son premier Méga Couscous, qui découvre le Comité ce jour-là, qu’en pensez-vous ?
Tina : Moi je trouve que quand j’entends ce qui en ressort pour lui : c’est-à-dire la motivation et la détermination des gens d’en finir avec la honte et le silence. Parce que c’est vraiment ça notre but, c’est pourquoi je trouve que les messages sont bien passés.
Reda : Oui, et quand il dit : « je ne savais pas que c’était possible de faire un bébé, maintenant je sais »… Zina reste bloquée… Est-ce que c’est parce que c’était tellement fort ce Méga Couscous que réécouter ça…où c’est juste que tu n’es pas encore totalement avec nous ?
Zina : Ouais je ne sais pas j’ai des petits blancs là… (rires) Non, mais sinon …si je trouve que c’est bien justement ce qu’il dit, qu’il ait entendu le message, fin l’annonce passée le matin à la radio… Et déjà je trouve ça bien qu’il ait eu envie de venir. Par exemple, il y a une semaine quand on prenait encore les réservations, il y a une personne qui m’a appelée et qui m’a dit : « Oui j’ai entendu une annonce à la radio, qu’est-ce que c’est ? ». Je lui ai dit : « C’est pour les personnes séropositives et ceux qui les aiment ». Il me dit : « Bon bah merci au revoir », et il a raccroché. Et c’était sympa de voir des gens qui ne sont pas concernés de près, qui s’intéressent et qui viennent quand même. Qui n’ont pas peur déjà de partager la semoule avec nous sans attraper quoique ce soit, et en plus de voir qu’il s’est intéressé, il a écouté, il a appris des choses qu’il ne savait pas avant.
Reda : Mais il y avait plein de gens comme ça… y compris par exemple Serge Canasse, qui est un médecin généraliste qui connaît en principe bien la question du sida, il est reparti en disant « j’ai appris plein de choses aujourd’hui ». On ne l’a pas cette prise de parole-là, ça c’est une autre histoire…
Zina : Ça s’est vraiment de l’information…
Tina : Je trouve que ça montre aussi bien que la visibilité des personnes séropositives n’existe pas du tout, malgré des « Sidactions », malgré des « journées mondiales ». Il dit que c’est la première fois qu’il voit, qu’il entend une personne séropositive ! ça montre vraiment que les séropositifs n’existent pas dans cette société.
Reda : Alors, deuxième interview d’une jeune femme, qui elle non plus ne connaissait rien à tout ça.
(Début du son)
— C’est la première fois que j’entends des gens parler de ça, fin, en face-à-face plutôt, donc ça me choque un peu.
Sully : Et vous n’avez jamais entendu parlé de sida comme ça, d’une personne qui l’avait ?
— Non, pas comme ça, je ne connais pas de personne qui l’ait. Mais là, ça me touche vraiment…
Sully : Et est-ce que vous pensez justement vous impliquer un peu plus dans la prévention, faire plus attention, vous renseigner ?
— Plus, maintenant oui…
(Fin du son)
Reda : Je n’ai pas entendu si c’était « non » ou « oui », la réponse ? (rires)
Nabila : Oui.
Transcription : Yentl Coubes.
