Geoffrey Léger | Sexe et sexualité | Vladimir Visotsky
Sexe, risque et saut à l’élastique : des séropositifs prêts (ou pas) à s’envoyer en l’air
27 mars 2010 (papamamanbebe.net)
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(Son : Vladimir Visotsky - Le Parachute)
Vladimir Visotsky, le Georges Brassens de la Russie vivait à l’époque de l’Union Soviétique. Afin de clamer ses convictions sans risquer d’en subir les conséquences, il se servait de métaphores qu’il hurlait en musique, de sa voix incomparablement rauque. En décrivant dans l’une de ses chansons son expérience du saut en parachute, il pose la problématique de la liberté. Voici quelques phrases traduites :
Y a-t-il une raison à cette chute ? Je le saurai plus tard. En attendant je me reçois dans la figure, tantôt l’horizon hivernal, tantôt, les nuages qui dégringolent.
Le vent qui me chuchote à l’oreille : ne tire pas sur la boucle, bientôt la liberté viendra.
Le vent ment, c’est certain il ment.
J’ai tiré sur la boucle. Maintenant je ne suis pas beau avec mes bosses de chaque côté. Dans chaque bosse, de la soie pour me sauver.
J’arriverai à traverser le coton aérien.
Même dans une chute, la liberté n’existe pas, car on ne tombe pas dans le vide.
Mais existe la liberté d’ouvrir le parachute.
La liberté, comme le risque n’est donc pas toujours ce que l’on croit. Dans le risque nous avons la liberté de prendre des précautions. Et même au moment où certains risques surviennent, nous avons toujours la liberté de ne pas se laisser tomber.
Reda : Vladimir Visotsky, était me dit-on, de source bien informée, le Georges Brassens de la Russie. Vivait à l’époque de l’Union Soviétique. Afin de clamer la vérité sans risquer d’en subir les conséquences, il se servait de métaphores qu’il hurlait en musique, de sa voix incomparablement roque. En décrivant dans l’une de ses chansons son expérience du saut en parachute, il pose la problématique de la liberté. Quelques phrases traduites :
Y a-t-il une raison à cette chute ? Je le saurai plus tard. En attendant je me reçois dans la figure, tantôt l’horizon hivernal, tantôt, les nuages qui dégringolent. Le vent qui me chuchote à l’oreille : ne tire pas sur la boucle, bientôt la liberté viendra.
Jeff lui pratique le saut à l’élastique.
Jeff : Exact !
Reda : Peite présentation, chapeau de Fedora.
Jeff : Ouais pas de soucis. C’est donc l’association Une Idée en L’air qui existe depuis 1991. L’idée originale…enfin « originale », de base c’était de créer un grand moment médiatique autour du saut à l’élastique. De ramener un peu toutes les émissions télé, toutes les radios possibles et faire un saut depuis l’arche de la défense. Donc pourquoi ? Parce qu’à l’époque on commençait à parler du Sida, et les deux, trois membres fondateurs de l’association ont décidé de récolter des fonds pour cette maladie, pour aider la lutte, et éventuellement la recherche d’un vaccin. Et donc suite au lancement de ce projet l’association à été créé. Malheureusement le projet n’a pas abouti pour diverses raisons, mais l’association est restée et a décidé de viser… de continuer à utiliser le saut à l’élastique comme moyen on va dire… comme image de la lutte contre le Sida. Donc en l’occurrence le slogan de l’association c’est : « Nous quand on s’envoie en l’air on n’oublie pas notre latex. » donc image relative au préservatif, à l’utilisation du préservatif et à la création de nos élastiques puisqu’on fabrique nous même nos élastiques avec des bandes de latex. Et donc cette image un peu forte nous a permis de nous présenter face à des villes, des associations ou des entreprises pour proposer des journées de saut à l’élastique à… donc on est tous bénévoles dans l’association et tous les fond qui sont récoltés dans la journée… donc le sauteurs ont la possibilités de sauter pour des prix vraiment pas chers, c’est entre 10 et 20 € selon les sites, alors que quand on saute d’un pont ou d’un viaduc ça peut monter jusqu’à 70, 90 €.
Reda : Alors autour de mla table il y-a-t-il des volontaires pour le saut à l’élastique ? il y a une main qui se lève… ah deux Zina ouais. Tina ?
Tina : Moi je me rappelle de situations en haut de plus de 100m et à chaque fois je l’ai regretté !
(Rires)
Jeff : Là on est un peu en dessous de 100m !
Jennifer : Moi j’ai trop le vertige pour.
Reda : Et Feriel… ?
Ali : Moi j’ai fais de l’initiation varappe mais… au dessous de 15m ça va mais…
Zina : Mais si le latex ne tient pas bien par contre…
Jeff : Il n’y a pas de soucis.
Reda : Mais le parallèle il crève les yeux non ? C’est le rapport au risque et au prises de risque qu’on est prêt à prendre dans sa vie quoi. Connaissant chacun d’entre vous, les réponses ne m’étonnent pas.
Ali : Le kiffe de l’adrénaline. Tu le fais… quoiqu’il en soit t’as un moment de doute alors il faut un blanc et se jeter.
Zina : C’est le fait de… moi j’aimerais bien, plusieurs fois il m’est arrivé, je ne suis pas suicidaire hein, mais d’être à un immeuble tout en haut, d’un étage assez et de regarder, me dire « j’ai envie de sauter » envie de sauter pas pour me suicider mais c’est le plaisir de voler quoi. Si il y avait un grand tu sais… un grand matelas de pompiers je sauterais, ah oui non franchement c’est un de mes grands fantasme de voler dans les airs c’est terrible.
Ali : Le pont de Millau c’est le plus grand de France c’est ça ?
Jeff : Effectivement, mais on n’a pas encore… je ne sais pas si on aura un jour la possibilité de sauter depuis ce pont parce qu’il y a une autoroute je crois dessus…
Ali : Enfin tout en bas c’est un tout petit chemin, mais au-dessus voilà le pont lui-même ouais.
Jeff : Par contre il y a des viaducs qui sont pas mal utilisés en France, les plus connus c’est celui de la Soulèvre en Normandie qui doit être à quelque chose comme 80m de hauteur, on a le viaduc de Ponce-Lasse qui n’est pas loin de Grenoble qui lui est au-dessus de 100m, en Europe on en a quelques uns et dans le monde il y en a aussi des assez connus. Par contre c’est que nous ce qu’on propose c’est du saut à l’élastique depuis une grue, ça nous permet d’être mobiles si un jour une ville nous appelle, on est capable de venir, on est très réactifs. En gros on a un partenariat avec un levageur, et en 48h on est capable de venir, de venir avec des gens qui sont motivés qui sont disponibles et qui fourniront l’activité de saut à l’élastique en toute sécurité puisqu’on a quasiment 20 ans d’expérience et donc on sait ce qu’on fait.
Ali : Et c’est des sauts de combien ?
Jeff : En gros on va sauter entre 55 en 60m.
Reda : Est-ce qu’il y a des gens qui ne crient pas quand ils sautent ?
Jeff : Ah complètement ! Moi ça me choque parce que ce genre de saut en fait les gens sautent mais en fait ils ne se rendent pas compte, ils n’ont pas eu le temps et du coup c’est dommage, moi je sais qu’à chaque fois je saute et limite je me force à crier, parce qu’on va que c’est 5 secondes, et 5 secondes ce n’est vraiment pas long et pendant 5 secondes c’est une sensation qui est impressionnante.
Reda : Je suis prêt à parier qu’il y a des crieuses autour de la table… ?
Jeff : Il ne faut pas croire, ce ne sont pas toujours des femmes. J’ai connu des couples qui ont failli se séparer parce que l’un des deux ne voulait pas sauter et ce n’était pas tout le temps la femme.
Ali : J’ai vu une émission là-dessus justement où un couple qui avait l’habitude de faire des sports extrêmes, le type c’était le roi des casses-coup et sa femme le suivait la plupart du temps, et ils ont fait tout un tas de trucs. Et au fameux pont de Millau ils ont fait un saut de 60m, et la femme a sauté mais le type il n’a pas sauté. Apparemment il avait fait un paquet de choses mais…
Reda : Les coordonnées de l’association, le site internet pour commencer, et le numéro de téléphone pour terminer.
Jeff : Les coordonnées de l’asso, le site c’est uneidee.asso.fr, donc on peut retrouver toutes les informations qui concernent l’association, les sites qui sont en préparation. On peut retrouver des informations concernant certains membres, surtout ceux du bureau, et puis aussi il y a des liens vers des sites qui sont relatifs à la sécurité. Puisqu’il faut savoir que le saut à l’élastique est maintenant régi par une norme, la norme ACNORM… je ne peux pas vous donner tous les numéros mais qui existe depuis…
Reda : Un peu comme les préservatifs c’est ça ?
Jeff : Il y a une norme qui régi un peu le saut à l’élastique et qui défini tous les points de sécurité et ce genre de choses. Et le numéro de téléphone, je suis désolé mais je ne le connais pas par cœur. Il est retrouvable sur le site.
Reda : J’ai remarqué un truc, Jeff il fait comme moi, il parle avec un coin de sa bouche ! Merci d’avoir été avec nous…
Zina : Et toi par contre tu le ferais le saut à l’élastique ?
Reda : Jamais de la vie !
(Rires)
Transcription : Sully Bidois
