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Vivre avec le VIH en musique et plein d’amour le 21 juin 2010 !
2 avril 2010 (papamamanbebe.net)
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Écouter: Vivre avec le VIH en musique et plein d’amour le 21 juin 2010 ! (MP3, 5.8 Mo)
(début du son)
Julie : Julie, 31 ans, célibataire, à 100 %. Je mesure m. Métisse. 55 kg.
Reda : Mensurations ?
Julie : (rires) 85B, 36… euh ça dépend de la coupe…
Reda : Est-ce qu’on t’a déjà dit que tu étais une très belle femme ?
Julie : Oui, mais je ne présume pas de ça ! (rires) Mon plat préféré ? Hum bonne question… je suis plutôt végétarienne, je n’aime pas trop la viande, mais bon j’en mange quand même ! (rires)
Reda : Ton pays préféré ?
Julie : Mon pays préféré ? Ah j’en ai trois : d’abord Cuba, le deuxième la France, et le troisième l’Italie.
Reda : Couleur préférée ?
Julie : Le blanc.
Reda Est-ce que tu crois en l’amour ?
Julie Oui, mais ça dépend. Ca dépend des cas mais aussi je crois, l’amour peut dépasser les frontières voilà.
Reda Qu’est-ce qui est le pire, l’amour sans le sexe ? Ou le sexe sans l’amour ?
Julie Mmmmmh… Je préfère l’amour sans le sexe. En préférence. Mais bon, ça existe aussi le sexe sans amour, pourquoi ne pas en profiter ? Mais bon, c’est vrai que ce n’est pas forcément… on aime profondément pour aller faire une relation vraiment intime. Il ne faut pas non plus dire qu’il faut qu’on soit amoureux pour arriver à l’acte, ce n’est pas bon.
Reda A quoi ressemble l’homme que tu aimerais trouver ?
Julie Ah c’est difficile la question ! Parce que moi j’aime plutôt découvrir… plutôt bon, gentil, gai, ouvert. Le plus important pour moi, c’est un homme compréhensif. Mo, i je ne cherche pas vraiment le prince charmant, pas pour le physique, plutôt pour ses qualités intérieures. L’extérieur, on peut le voir… ça se voit tout de suite. Pour moi, c’est plus important l’intérieur que l’extérieur.
Reda Est-ce que tu aimes danser ?
Julie Beaucoup. Ca c’est mes loisirs, c’est mon expo, c’est tout pour moi la danse.
Reda Ta meilleure qualité ?
Julie Ah la meilleure qualité… j’en ai plusieurs ! La compréhension, je pense.
Reda Et ton pire défaut ?
Julie Oh ! Il faut le dire ? La sincérité, je pense.
(Fin du son)
Reda : Voilà, Julie au micro de l’émission Survivre au sida pour vous annoncer la Fête de la Musique Séromantique ». ça va être le premier rendez-vous afterwork pour les séropositifs et ceux qui les aiment, lundi 21 juin. Alors, ça peut sembler très loin, mais ça approche très vite. Si vous avez dansé avec nous à l’occasion de la Saint Valentin Séromantique, si vous avez partagé le Méga Couscous des Familles de samedi dernier où on était 600 pour se retrouver ensemble pour fêter notre résistance face à l’injustice de la maladie, et bien on vous attend le 21 juin. Il y aura d’autres petites annonces, et j’invite les auditeurs et auditrices qui le souhaitent à venir nous voir pour enregistrer leur petite annonce pour qu’on puisse les diffuser à l’émission et se retrouver à l’occasion de la fête de la musique. Une question posée à Julie, pour vous présenter les gens autour de la table : si vous deviez choisir les uns et les autres entre le sexe sans amour, et l’amour sans le sexe, quel serait votre choix ? En commençant évidemment par Tina.
Tina : Je dirais quand même l’amour sans le sexe.
Reda : Zina ?
Zina : Le sexe sans amour, parce que je peux combler le manque d’amour avec des amis (rires).
Reda : Nabila ?
Nabila : Moi, je n’aime pas choisir, mais bon s’il faut choisir, je dirais amour sans sexe, malheureusement… il devrait y avoir les deux.
Reda : Ali, bonjour…
Ali : Bonjour. Oui, pour ma part, c’est vrai que l’amour, c’est ce qu’il y a de plus beau… Mais bon, on peut l’avoir… Il y a l’amour familial. Mais bon l’amour d’une femme c’est… ce n’est quand même pas vital, mais c’est important…
Reda : C’est un garçon sensible… Est-ce que vous êtes d’accord ?
Ali : Par contre, c’est vrai qu’il faut quand même qu’il y ait des sentiments pour faire l’amour… Il faut un minimum d’attirance quand même pour faire l’amour… Ce qui ne veut pas dire qu’on est obligé d’être fou d’amour pour une personne avec qui on couche.
Reda : On parle des fous, avec nous un psychiatre : le docteur Laurent Gourarier. Amour sans sexe ? Ou sexe sans amour ?
Laurent Gourarier : Alors c’est « toi tu préfères ton papa ou ta maman ? » (rires). Le vrai problème de cette histoire-là, c’est que l’amour sans sexe évidemment que ça a beaucoup de prix. L’amour, c’est vraiment très important, le sentiment… Mais c’est quand même de la théorie. L’amour sans sexe, fin je veux dire le sexe sans amour — le sexe, le plaisir sexuel — c’est quand même un truc qui n’a pas de prix. Je ne le mettrais pas sur le même plan que l’amour sans sexe, le sexe sans amour. Le plaisir, sentir son corps, pouvoir jouir de son corps, c’est quand même quelque chose de vraiment exceptionnel, ça ne dure pas très longtemps dans une vie, et franchement je souhaite à tous les auditeurs de pouvoir en profiter. Voilà.
Reda : Avant de vous en dire plus sur cette Fête de la Musique Séromantique prévue pour le mois de juin – ça va être la fête de la musique, donc l’occasion de commencer tôt puisque c’est un lundi, mais d’aller aussi longtemps qu’on le souhaite dans la nuit — je vous propose d’écouter cette deuxième petite annonce, cette fois-ci il s’agit de Steve.
(Début du son)
Steve : Je m’appelle Steve, j’ai 46 ans…
Reda : Célibataire, c’est bien ?
Steve : Célib’ ben ouais, ça dépend des périodes. Parfois, c’est bien. Parfois, c’est plus lourd. Je fais 1m79, je fais 73 kg, châtain clair, yeux bleus. Je n’ai pas de plat préféré, j’aime bien tout à part les tripes.
Reda : Ta couleur préférée ?
Steve : ça dépend… le noir, le bleu, je n’ai pas de couleur préférée non plus, surtout pas le rose ! (rires) J’écoute tout. Ça peut aller de la pop, au rock, le classique, rnb’, soul… J’écoute de tout, je ne suis pas sectaire dans la musique. Ma femme idéale ?
Reda : Est-ce qu’elle existe ?
Steve : ça n’existe pas une femme idéale, et puis on s’embête avec une femme idéale… Il faut qu’elle soit créative, si elle n’est pas créative, ce n’est pas intéressant. Quelqu’un d’idéal ça n’existe pas. C’est la mort. Ce que je recherche c’est déjà, pas de conflit… il y en a déjà assez à l’extérieur… le couple ça doit être… je ne dis pas que ça doit être « un soporifique », mais ne pas se prendre la tête pour des conneries… Après il y a toujours des conflits dans un couple, parce que c’est toujours un ajustement, il faut toujours faire des concessions…
Reda : Qu’est-ce qui compte pour toi ? Le physique ou ce qu’il y a à l’intérieur ?
Steve : Euh les deux. Je crois que les deux sont importants. Mais l’intérieur, c’est vrai que c’est important. Je suis tombée sur des gens : physiquement elles étaient super-mignonnes, mais intérieurement il n’y avait pas grand-chose. Et c’est vrai que parfois on a tendance à se gourer sur le physique, mais ça, c’est la société qui veut ça. Bien sûr, j’y crois encore, mais c’est une question difficile ça… est-ce que je crois en l’amour ? Il faut voir… Il faut déjà qu’on apprenne à se connaître déjà, qu’on essaye de se connaître l’un et l’autre, qu’on ne reste pas chacun sur les non-dits. C’est très dur de se dévoiler : c’est petit à petit, ce n’est pas la première journée que tu vas te dévoiler, c’est avec le temps… Mais c’est vrai que la parole, c’est important. Ça non plus ça ne veut rien dire : le stéréotype « tu couches le premier soir » J’ai vu parfois, j’ai couché le premier soir et parfois j’ai mis 6 mois, 7 mois… Disons que ce n’est pas mon truc… si ça se fait, ça se fait. Si ça ne se fait pas, et ben ce n’est pas grave… Ce n’est pas le but tout de suite à atteindre que de coucher avec la personne… Après, il n’y a pas de règle… Ma meilleure qualité ? Être sincère en amitié. Mon pire défaut ? Oh il y a plein de défauts… Je ne sais pas, les défauts… Plein… Les défauts que toute la société a, je crois. Mais il faut les corriger petit à petit. Tous les défauts que tout le monde a : un peu égocentrique… Tous les défauts que tout le monde a en fin de compte, je me reconnais, quand je parle à quelqu’un, je me vois, je me reconnais dans tout… Après, il ne faut pas que ce soit trop accentué. Il faut s’améliorer au fil des années. C’est ce que j’ai essayé de faire en plus de 40 ans. Ben, j’espère qu’elles trouveront le bonheur et l’amour. J’espère que pour elles… ben qu’elles essayent de se faire une belle vie dans cette société qui est quand même dure. Déjà, qu’elles trouvent leurs petits bonheurs à elles-mêmes, même si elles ne sont pas avec un gars, qu’elles soient épanouies, puis heureuses.
(Fin du son)
Reda : La petite annonce de Steve que vous trouverez on l’espère, qui sera avec nous le 21 juin à l’occasion de la Fête de la Musique Séromantique. C’est la première fois qu’on fait un truc comme ça. Parce qu’en fait cette année, la fête de la musique tombe un lundi, ce qui ne nous arrange pas du tout, du coup on s’est dit qu’il y avait pas mal de gens qui travaillaient, qui à la sortie du travail on envie de se retrouver, quand bien même ils travaillent le lendemain… La fête de la musique, c’est une fois dans l’année. Donc, qu’est-ce que vous en pensez les uns et les autres : premier rendez-vous « after work » et « happy hour » sans alcool, de 17 à 19h. Qu’est-ce que vous en pensez ? Je sais que Nabila avait des choses à dire là-dessus…
Nabila : Non, mais moi je dis que c’est une fête tout de même… moi je ne suis pas pour que ça soit sans alcool. Un petit peu d’alcool mais sans abus, pourquoi pas…
Reda : Zina ?
Zina : Moi pareil, je serais pour un petit peu d’alcool, mais effectivement sans excès.
Reda : Et Tina ?
Tina : Par rapport à l’horaire, moi je me souviens qu’on a déjà fait l’inauguration du local le 21 juin, et je trouve ça vraiment très sympa. Il fera beau.
Reda : Il va faire beau, oui. On avait promis pour le Méga Couscous qu’il ferait beau… (rires)
Tina : Il a fait beau. Du coup on se retrouve un peu entre le local et l’extérieur, et c’est super-sympa. Comme ça, le début de soirée, il fait chaud : ce sera super.
Reda : Ali, ça te dit l’idée : pour tous les séropositifs qui sortent du boulot de pouvoir venir faire la Fête de la Musique Séromantique ?
Ali : Je ne sortirai pas du boulot, certes, mais je sortirai de chez moi, parce que j’ai déjà raté le Méga Couscous… Et ben, j’ai bon espoir d’être là.
Reda : « Happy hour » sans alcool, c’est ce qu’on a mis sur l’affiche, sur le calendrier qui va être diffusé dans les services hospitaliers. Et c’est à cause de gens comme le docteur Laurent Gourarier, à cause des addictologues, et un peu de ce regard sur les séropositifs qui auraient plus que d’autres des problèmes liés aux addictions de toutes sortes, ou un parcours d’addictions. Et on s’est dit en tout cas que c’est non seulement parce qu’on est une association familiale, donc se retrouver avec plein de gens bourrés, ce n’est pas trop notre truc non plus, mais je ne peux manquer d’interpeller Laurent Gourarier sur cette question.
Laurent Gourarier : Oui, alors tout ça, ça fait appel à un truc qui s’appelle la vie privée. Or, la vie privée des « séromantiques » ou « séro-tout ce vous voulez »
Reda : Ceux qui les aiment…
Laurent Gourarier : C’est un continent qui est inconnu du grand public. Or précisément, comme les « séro » y vivent, et ben ils ont le droit à la vie privée. Donc, ils font des « happy hours » sans alcool, comme d’ailleurs c’est en fait interdit de faire n’importe quoi avec alcool. Si vous voyez une telle affiche dans la rue, on ne dit pas « apportez votre bouteille de pinard ». Non, on ne dit jamais ça. On dit toujours sans alcool. C’est sans alcool, c’est sans drogue, c’est sans sexe, c’est… après le travail, c’est vachement propre. Le petit doigt sur la couture du pantalon. Maintenant, ça, c’est ouvert. Moi, ce que je pense, c’est que tout le monde à droit à la vie privée. J’espère qu’il y aura beaucoup de monde sur ce slogan-là. (rires)
Reda : OK. Donc c’est lundi 21 juin, ça commence à 17 heures, aux horaires de sortie de bureau. Moi, je me suis dit qu’on pouvait faire des choses aussi banales que ça. Les réservations, c’est comme d’habitude : c’est gratuit, c’est confidentiel, ça se fait par mail en écrivant à love@papamamanbebe.net, ou en appelant ici à la Maison des Familles où on enregistre l’émission Survivre au sida au 01 40 40 90 25. Et si vous avez envie, si vous n’êtes pas à Paris, et que vous nous écoutez à Marseille, ou à Rennes, ou à Pau, ou à Toulouse, et bien pourquoi pas organiser vous-même un Fête de la Musique Séromantique. En tout cas, le Comité des Familles sera là avec des correspondants un peu partout en France pour vous y aider.
Transcriptions : Yentl Coubes
