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Laurent Gourarier | Méga couscous des familles vivant avec le VIH | Samira Guedichi-Baudoin

Replacer la dignité des personnes séropositives au coeur des enjeux de la lutte pour survivre au sida

9 avril 2010 (papamamanbebe.net)

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Reda : Samira Guédichi-Baudoin est avec nous… Tu vois c’est la première fois à l’émission, et j’ai l’impression qu’on se connaît depuis très longtemps et puis que…

Samira : C’est par l’histoire de l’épidémie interposée je crois.

Reda : Et on a fait le Méga Couscous, le 20 mars 2010 à Saint-Denis ensemble…

Samira : Et on a fait le Méga Couscous, ensemble, à Saint-Denis après plusieurs semaines de cheminement, ensemble… On a organisé ensemble

Reda : Alors il y a peut-être des gens qui se demandent comment on s’est connu. Peut-être des gens qui se disent qu’on se connaissait depuis longtemps. Mais alors absolument pas ! C’était au mois d’août 2009 et Samira n’écoutait pas l’émission de radio Survivre au SIDA. Elle écoutait France Culture et voici ce qu’elle avait écouté ce jour-là, peut-être la première fois qu’elle avait entendu parler du Méga Couscous, sans savoir ce que c’était, sans connaître le Comité des familles et sans jamais y avoir participé.

Samira : Le Comité des familles…

Reda : Oui…

(Début son : Reda Sadki sur le banc à France Culture)

Chloé Juhel : Le Comité des familles. Vous organisez votre Sidaction à vous chaque printemps : c’est le couscous des familles, un grand repas de solidarité. Tu peux nous raconter un peu l’ambiance, depuis combien de temps ça existe et la date pour le prochain…

Reda : Oui alors c’est un Méga Couscous des familles…

Chloé Juhel : Ah pardon, pardon… Autant pour moi.

Reda : Donc il y a une ampleur à la chose ! Et oui ! Ca c’est un truc qu’on a inventé de toutes pièces. Et je me souviens, je crois on était quatre. C’est le genre d’initiative tu aurais dit en 1997, voire avant, je pense que le tournant c’est le début des années 2000 et l’arrivée des trithérapies, tu aurais dit : « on va faire un grand couscous à la Cour neuve, à la cité des quatre milles et il va y avoir des familles touchées par le SIDA de toute l’Ile-de-France qui vont venir » on aurait rigolé ! Enfin personne n’aurait même osé rêver de ça et ça, on l’a fait. Et ça non seulement on l’a fait une fois, on l’a fait deux fois, on l’a fait trois fois et on prépare le quatrième et c’est l’affirmation… Alors faire un couscous c’est facile, mais mobiliser, donner envie aux gens qui vivent avec la maladie de sortir de l’ombre. En fait, on n’a pas la recette, mais on connaît les ingrédients et le premier ingrédient ça commence par la reconnaissance de la dignité de ce que les gens ont vécu et qu’il y a une histoire à tout ça, que ce n’est pas par hasard, qu’il n’y a pas un petit virus qui se balade comme ça et qu’il y a des choix qui ont été faits et que les séquelles, la plaie est profonde.

(Fin son)

Reda : En août 2009, en fait, on n’a pas de salle, on ne sait absolument pas quand aura lieu le prochain Méga Couscous, donc là en fait, je suis en train de broder sur l’héritage des Méga Couscous précédents. Et je n’ai absolument aucune idée de comment on va arriver à faire ce quatrième Méga Couscous des familles. Samira Guédichi-Baudouin en écoutant tout ça, je ne sais pas du tout si tu t’en souviens, d’avoir écouté ce moment-là de l’émission, de cette émission qui passait sur France Culture consacrée au Comité des familles à l’aube de ce qu’il s’est passé le 20 mars. Est-ce que le rêve est très éloigné de ce qu’on a fait ?

Samira : Moi je me disais que la rencontre avec vous c’était déjà le résultat d’un hasard objectif et j’y crois au hasard objectif. Et effectivement, en écoutant ça, moi j’avais pris l’émission comme ça au hasard et je n’ai pas entendu cette partie-là. Et là, ça prend un relief, un écho complètement étonnant, après ce Méga Couscous qui a eu lieu le 20 mars oui.

Reda : Alors Tina avait participé à cette émission sur France Culture qui était consacrée au Comité des familles. Et elle a participé à un de 2006, 2007 et 2010. À trois des quatre Méga Couscous. Quand tu réécoutes ça ?

Tina : Oui tu réalises que c’est vraiment… Comme tu dis on a inventé quelque chose et que chaque année ça prend plus d’ampleur et qu’il faut qu’on continue parce que bientôt on sera à Bercy !

Samira : Au Stade de France à Paris.

Reda : On va remplir le Stade de France, Saint-Denis.

Samira : A Porte de Paris.

Tina : Ah d’accord OK ! Bercy c’est plus près de chez moi.

Reda : Yasmine a découvert le Comité des familles il n’y a pas longtemps, à travers les repas organisés par l’association, qu’on partage avec des personnes hospitalisées. Et c’était aussi ton premier Méga Couscous des familles.

Yasmine : Exactement, oui, oui…

Reda : Comment c’était ton Méga Couscous ?

Yasmine : J’étais très émue, j’ai rencontré des gens très sympas…

Reda : C’était bon ?

Yasmine : Oui c’était très bon !

Reda : Et si tu devais expliquer à quelqu’un d’autre pourquoi venir dans un Méga Couscous. Je peux dire : « moi je peux manger un couscous à la maison ».

Yasmine : Non parce qu’il y avait aussi une commémoration et un hommage à tous les disparus et je pense qu’on est tous concernés.

Reda : Alors Olivier Jablonski n’était pas au Méga Couscous des familles…

Olivier Jablonski : Tu avais remarqué…

Laurent Gourarier : Bouuuuuuh… !

Olivier : Et oui j’étais à l’étranger à ce moment-là.

Reda : Quand on milite pour la cause homosexuelle, quand on milite pour une prévention, pour l’accès aux moyens de prévention et d’information, quel regard est-ce qu’on porte ?

Olivier : Bah moi je trouve que c’est très bien, c’est vraiment très bien, dans la mesure où… Alors c’est vrai que ce n’est pas non plus facile. Moi je n’ai pas toujours envie d’aller dans des endroits où il y a beaucoup de personnes séropositives en même temps, moi-même je suis séropositif. Parce que parfois ça peut être dur, parce que les gens vivent des situations dures et que ça renvoie à soi-même et ça renvoie aussi à ses propres difficultés. Mais je sais aussi que ça permet de l’entraide, du soutien. Ça permet de s’échanger les bons tuyaux. Ça permet aussi de passer les caps difficiles, donc évidemment toutes ces soirées sont à soutenir évidemment.

Reda : Yann est avec nous un Dionysien…

Olivier : Et donc je viendrais à la prochaine sans problème…

Reda :... qui a vécu le couscous

Olivier : Avec plaisir.

Yann : Oui…

Reda : Son premier !

Yann : Mon premier couscous.

Reda : Mais pas le dernier ?

Yann : Non c’est sûr ! Eh ben un gros travail de préparation qu’on a fait en pleine symbiose. Donc j’ai beaucoup apprécié, et tout ce côté régie, mise en place… En plus la mairie nous a passé la ligne 13 qui pour moi est dans mon cœur depuis que j’habite un Saint-Denis. Et c’est la Maison des Jeunes et de la Culture, pour ceux qui ne la connaissent pas encore, où il y a une programmation importante. Et ce qui moi me reste après quinze jours de ce couscous, c’est les regards que j’ai pu échanger, les sourires, les personnes qui vraiment parlaient ensemble, entre elles, et je trouve que ça a été une très belle communion entre séropos et non séropositifs.

Transcription : Samantha Yeboah


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