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Carla Bruni | Enfants concernés par le VIH | Grossesse et VIH | Sylvie Ouedraogo

L’objectif de Carla Bruni : l’accès au traitement pour toutes les mères séropositives en 2015. Sylvie Ouedraogo, pédiatre au Burkina Faso, se montre optimiste

29 mai 2010 (papamamanbebe.net)

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Reda : L’enfant face au VIH. Aujourd’hui au sommaire de l’émission « survivre au sida » avec Sylvie Ouedraogo. C’est avec beaucoup de plaisir qu’on accueille cette pédiatre qui compte parmi les médecins engagés sur le front du VIH sur le continent africain, auprès des enfants touchés par le VIH. Bonjour et bienvenue.

Sylvie Ouedraogo : Bonjour Reda.

Reda : Avec nous également Ousmane, qu’on entend sur le disque. C’est la waguess family. Le titre s’appelle « l’enfant noir ». Cette émission a été préparée grâce à ton travail à Ouagadougou et hier à Paris à l’espace Pierre Cardin à l’occasion de la conférence de presse donnée par Carla Bruni et le Fonds Mondial. Carla Bruni est ambassadrice du Fonds Mondial en faveur des mères et des enfants touchés par le VIH.

Début du son

Carla Bruni : Merci à tous d’être là. En tant que ambassadrice du Fonds Mondial, je suis heureuse d’ouvrir cette campagne. Comme nous venons de le voir ou de le dire plus de 400 000 nourrissons dont la plupart en Afrique sont encore infectés chaque année par le virus HIV. Le sujet de la campagne « Born HIV free » et c’est le message que je souhaiterais apporter aujourd’hui. En quelques années le progrès dans le domaine de la prévention a été considérable. Seule la moitié des mères séropositives ont accès au traitement approprié durant toute leur grossesse. D’ici à 2015 nous voudrions que toutes les mères aient cette chance.

Fin du son

Reda : Carla Bruni à l’occasion d’une conférence de presse donnée hier. Ousmane était présent. En 1994, les médecins, grâce aux mamans qui se sont engagées dans des essais cliniques là où certaines d’entre elles prenaient un placebo alors qu’elles étaient enceintes, depuis 1994 les médecins savent que le traitement antirétroviral est efficace pour bloquer la transmission de la mère à l’enfant. 16 ans plus tard dans les pays pauvres, la moitié des mamans n’ont toujours pas accès à ces traitements qui bloquent, qui pourraient sauver, épargner, les enfants de cette contamination. Sylvie Ouedraogo est pédiatre à Ouagadougou. Elle se retrouve confrontée à cette difficulté-là puisqu’elle prend en charge et suit des enfants touchés par le VIH. Est-ce que vous pouvez nous dire où est-ce que vous travaillez ? Et combien d’enfants touchés par le VIH vous suivez aujourd’hui ?

Sylvie Ouedraogo : Je suis pédiatre à l’hôpital pédiatrique Charles de Gaule à Ouagadougou au Burkina Faso. Et nous prenons en charge, puisque c’est une équipe pluridisciplinaire qui travaille dans ce domaine-là, plus de 425 enfants avec 350 enfants sous ARV.

Reda : Quel est votre regard quand vous entendez Carla Bruni annoncer cet engagement que prend le Fond Mondial. D’ici 2015, de faire en sorte qu’il n’y ait plus d’enfant né avec le VIH.

Sylvie Ouedraogo : On ne peut que saluer cet engagement fort qui vient des décideurs. Et d’ailleurs c’est ce qu’on attendait toujours. S’ils sont au devant des choses, ça facilite beaucoup de choses, on a beaucoup plus de financement, plus de soutien. Et ça ne fait que renforcer la lutte et la prévention du VIH.

Reda : Mais le traitement pour les mamans, pour bloquer la transmission aux enfants, c’est depuis 1994. Or 16 ans plus tard, il n’y a que la moitié des mamans qui accèdent à ce traitement dans le monde. Est-ce que c’est le verre à moitié vide ou à moitié plein ? Est-ce que pour vous pédiatre, qui travaillez sur le terrain, les pouvoirs publics, les instances internationales, est-ce qu’elles ont été un peu lentes à reconnaître les besoins, l’urgence de cette situation ?

Sylvie Ouedraogo : Je pense qu’il faut être optimiste. C’est le verre à moitié plein. Et il faut savoir que beaucoup de choses ont été faites pour améliorer cela. Mais les causes sont multifactorielles. Ça veut dire il y a toujours des facteurs socioculturels qui font qu’il y a toujours cette barrière-là. Les familles peuvent refuser. Le test n’est pas obligatoire. Il est proposé systématiquement à la mère mais elle peut refuser de faire son test. Et on a vu qu’il y a une perdition des femmes. Le nombre de femmes qui acceptent de se faire dépister, qui reviennent prendre leur résultat et qui accèdent au traitement, il y a beaucoup de perdition qui se fait. Donc il y a tout un travail mené pour éradiquer tout cela...

Reda : Même quand les antirétroviraux sont disponibles, il y a un travail d’éducation thérapeutique.

Sylvie Ouedraogo : Il faut le faire pour que l’acceptabilité soit encore plus forte. Et on a un gros soucis : ce sont les hommes qui restent toujours à la traîne. Ils n’accompagnent pas leur femme jusqu’au bout. Donc c’est un problème qu’il faut relever. Mais il faut dire que les plus hautes autorités sont bien engagées et la première dame demande même des actions pour soutenir, amener les gens au dépistage et faciliter l’accès au traitement.

Reda : Mais on parle de la première dame du Burkina Faso ?

Sylvie Ouedraogo : Oui du Burkina Faso.

Reda : D’accord. La première dame du président français, Carla Bruni était donc en visite pour 24 heures au Burkina Faso. C’était le 11 février 2009. Est-ce qu’elle est venue vous voir et rencontrer les enfants et les mamans et peut-être les papas qui sont suivis dans votre hôpital ?

Sylvie Ouedraogo : Bon, c’était juste pour 24 heures donc elle n’a pas eu sûrement le temps de venir dans notre hôpital. Mais elle est passée dans un autre site pour voir les parents et les enfants

Transcription : Sandra Jean-Pierre

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