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Ben | Projet Madeleine Amarouche

Est-ce que le VIH/Sida intéresse les jeunes ?

7 juillet 2010 (papamamanbebe.net)

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Reda : Ben a aussi rencontré Mélissa, qui a 21 ans. A Mélissa il a posé la question de la prévention.

Début du son

Mélissa : Mélissa, j’habite Chasse-Royale.

Ben : C’est un quartier de Valenciennes pour ceux qui ne savent pas. Quel âge as-tu ?

Mélissa : 21 ans.

Ben : Est-ce que tu penses qu’à Valenciennes, vous êtes assez informés du sida ?

Mélissa : Non, pas du tout.

Ben : Je vous en ai parlé.

Mélissa : A part toi il y a rien, il n’y a pas d’information.

Ben : Tu penses que ce serait bien qu’on continue à faire de la prévention auprès des jeunes ?

Mélissa : Oui.

Ben : Pourquoi ?

Mélissa : Ce n’est pas un sujet qui est à éviter. Il n’y en jamais assez de ces sujets-là.

Ben : Voilà, dis-nous.

Mélissa : Non je suis timide (rires).

Ben : Aller, dis-moi pourquoi il faut en faire ?

Mélissa : C’est un sujet qui n’est pas à éviter, on n’est jamais assez au courant, jamais trop prudent.

Fin du son.

Reda : Alors ce qui est intéressant, c’est que dans l’entretien suivant, Ben a parlé avec une professionnelle de la prévention, elle s’appelle Nadine, et elle, elle dit que les jeunes, la prévention, ça ne les intéressent pas. Alors qu’on vient d’entendre Mélissa, 21 ans, je ne sais pas si ça rentre dans la catégorie mais je vous laisse constater par vous-même, ce qui ressort de cette confrontation de point de vue.

Début du son.

Nadine : Je m’appelle Nadine... et je travaille en prévention spécialisée.

Ben : Est-ce que la prévention est vraiment présente tous les jours au quotidien dans le quartier où vous intervenez ?

Nadine : Non.

Ben : Et pourquoi ?

Nadine : Parce que ça n’apparaît pas comme une préoccupation importante pour l’instant et que les jeunes, quand on essaye d’en parler, pour eux, ça ne les concerne pas. Et puis parce que je pense qu’il n’y a pas assez de gens aussi qui viennent faire ce genre de travail dans les quartiers. C’est présent, on en parle quand il y a des moments forts, à la télévision, parfois ça interpelle les jeunes. Mais ce n’est pas leur préoccupation première, quand on leur parle, ils ne sont pas intéressés.

Ben : Dans la valise diplomatique de votre équipe est-ce que la prévention du sida existe ?

Nadine : Ce n’est pas la valise diplomatique... les éducateurs sont conscients qu’ils doivent faire ce genre de prévention. En revanche, il faut aller sur d’autres étapes avant de pouvoir parler de... surtout en accompagnement individuel, par rapport à des situations individuelles, qu’ils vont aborder la chose. En groupe c’est difficile, et ils sont dans d’autres... faut déjà qu’ils établissent une relation de confiance, faut déjà pleins de choses avant de pouvoir commencer. En revanche l’accompagnement individuel, par rapport à des situations de jeunes filles, de jeunes couples, etc. Là il y a toujours ce soucis d’aborder ça et d’en parler avec les connaissances qu’ils ont, et s’ils peuvent, ils vont en formation spécifique autour de cette problématique.

Ben : Vous voulez dire que l’action collective ne fait pas une bonne action en vérité au niveau de la prévention. Ils vaut mieux, l’action en prévention individuelle ?

Nadine : Je ne sais pas... non, ce que je dis c’est que attaquer, parler du sida quand on est en travaille de rue, avec des groupes, etc. Ça n’a pas de résonance au niveau des jeunes. En revanche, c’est vrai qu’individuellement c’est plus facile. En revanche sur des actions collectives spécifiques à ça, ça peut arriver, par exemple sur les journées citoyennes qu’on met en place, on va parler plus facilement, on avoir un stand qui va parler de... mais pas seulement du sida, des MST, des choses comme ça. Se faire aider par des gens de la santé pour le faire. Là on peut le faire, et on peut toucher les jeunes.

Fin du son.

Reda : Nadine. Moi ce que j’entends, c’est quand même les jeunes ça ne les intéressent pas trop la prévention du VIH. Zina et Ali, vous participez au projet Madeleine donc où des personnes séropositives vont parler aux jeunes dans les établissements scolaires ou ailleurs, de la vie avec le VIH. Est-ce que vous êtes d’accord avec Nadine ?

Zina : Absolument pas. Je m’en souviens quand on a témoigné ils étaient vachement intéressés. Mais c’est là le problème, comment est-ce que elle, elle fait sa prévention ? Si elle reste très technique, le sida, attention, il faut mettre des préservatifs, il faut faire attention, il ne faut pas se droguer, ou sinon...prendre certaines précaution. Là ça fait très... c’est trop technique, ça les gonfle en fait, ça les gave, et tandis que nous, on est allé, on a témoigné vraiment, on a raconté notre histoire, on y va par 3 et on raconte notre histoire, ils sont intéressés, ils posent des questions et ils sont en groupe, c’est toute une classe, j’ai entendu que... je n’ai pas participé à tous les témoignages, j’en ai fait qu’un. Mais j’en entendu où il y a une fois et peut-être même 2, où il y en a qui ont voulu parler individuellement donc c’est vrai que là, il se lâche un peu plus...

Reda : C’est clair, parler de son intimité dans un groupe, ce n’est pas simple.

Zina : Mais sinon, ils étaient très intéressées, ils nous ont posé pleins de questions. Je crois qu’elle devrait se poser des questions...

Reda : Sur sa pratique.

Zina : Sur sa pratique. Il faut changer la méthode si ça ne percute pas, il faut changer la méthode. Mais ça les intéressent.

Transcription : Sandra Jean-Pierre


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