Maison des familles | Annonce de la séropositivité | À propos du Comité des familles pour survivre au sida | Femmes séropositives | Tina
Les secrets de la vie de Tina, coordinatrice nationale du Comité des familles
26 septembre 2010 (papamamanbebe.net)
Réagir à cet article | Recommander cet article | Votez pour cet article
-
Écouter: Les secrets de la vie de Tina, coordinatrice nationale du Comité des familles (MP3, 2.7 Mo)
Sandra : Tina tu es avec nous à l’émission. On va discuter avec toi. Je te sens un peu stressée.
Tina : Bon, en général je n’aime pas trop parler de moi, mais je joue le jeu.
Ali : Who’s that girl ? (Rires).
Sandra : Justement ! Who’s that girl ? Tina quel âge as-tu ?
Tina : J’ai 34 ans.
Sandra : Qu’est-ce que tu fais dans la vie comme profession ?
Tina : Dans la vie je suis ici au Comité. Je travaille en tant que chef de projet pour certains projets du Comité. Et par ailleurs j’ai une activité artistique.
Sandra : Ah justement, quelle est ta passion ?
Tina : J’ai plusieurs passions. J’aime bien danser, j’aime bien voyager, j’aime bien le sport. J’aime les enfants.
Sandra : Et les choses que tu détestes ? Ou la chose que tu détestes le plus au monde ?
Tina : La comme ça…
Sandra : Tu aimes tout ?
Tina : Je ne saurai pas dire…
Sandra : Une chose dont tu as horreur ?
Tina : Faire le ménage !
Sandra : Ah oui, je suis d’accord avec toi. Depuis combien de temps sais-tu que tu es séropositive ?
Tina : J’ai pris connaissance il y a 7 ans et je suis séropositive depuis 10 ans.
Sandra : Est-ce que tu es en couple ou célibataire ?
Tina : Je suis en couple.
Sandra : Est-ce que tu as des enfants ?
Tina : Non.
Sandra : Est-ce que tu en veux ?
Tina : Oui.
Sandra : Combien ?
Tina : 6.
Sandra : 6 enfants ! Tu veux une famille nombreuse ?
Tina : Voilà.
Sandra : T’as déjà les prénoms ?
Tina : Oh non non… ce n’est pas encore assez concret.
Sandra : Trois filles, trois garçons ?
Tina : Oui !
Sandra : L’idéal. Est-ce que ton compagnon est au courant de ta séropositivité ?
Tina : Oui.
Sandra : Comment tu lui as annoncé ?
Tina : Assez simplement. C’était dans sa voiture. Justement il se posait pas mal de questions comme je suis très impliquée dans cette association et que je laissais toujours un mystère autour de ce que je faisais comme activité professionnelle et aussi pour d’autres raisons. On se connaissait depuis un mois. Et je lui ai dit simplement que voilà… il voulait aussi savoir, il savait que j’avais un secret, il voulait connaître ce secret, donc je lui ai dit que j’étais quelqu’un de très heureux et tout mais que, je sais que cette nouvelle va peut-être le choquer. Moi je vis très bien avec. C’était à lui de voir si oui ou non il voulait continuer. Je n’avais aucune rancœur. Si jamais c’était trop pour lui… je sais qu’il a été sincère malgré tout mais que voilà, que j’étais séropositive. Mais bien sûr il était très choqué, mais il m’a dit qu’il restait avec moi et qu’il était déjà trop attaché à moi pour partir. Mais il n’avait aucune idée de ce que c’était la vie avec le VIH. Déjà quand il a su que j’étais séropositive depuis tant d’années, il a dit mais pour moi tu devrais déjà être morte, pourquoi tu es encore en vie dans ces cas-là ? Je lui ai expliqué qu’avec le traitement, ainsi de suite, on ne meurt plus du VIH aujourd’hui quand on prend bien ses traitements. Et qu’on pouvait faire des enfants, et que voilà, la vie était possible, qu’on avait une espérance de vie égale à celle d’un séronégatif si on avait une bonne hygiène de vie, un bon suivi médical. Donc ça l’a quand même beaucoup rassuré. Puis il a vu que j’étais bien dans ma peau et du coup, alors que c’est quelqu’un qui est à la base… je dis souvent hypocondriaque, bah là il a dit OK et ça ne lui a pas fait trop peur.
Sandra : Ta famille, est-ce qu’elle est au courant ?
Tina : Oui.
Sandra : Tous dans ta famille ?
Tina : Tous, c’est-à-dire les parents, les frères et sœurs.
Sandra : Tu as combien de frères et sœurs ?
Tina : J’en ai beaucoup. (Rires).
Ali : D’où l’envie d’une grande famille.
Sandra : Et comment ça s’est passé pour l’annonce pour ta famille ?
Tina : C’était très dur parce que vraiment, je le savais à peine, je venais de l’apprendre moi-même, vraiment aucune information à ce sujet mis à part, ma seule référence sur ce sujet c’était le film Philadelphia, pour ceux qui connaissent ce film, ils savent que la vision du VIH, du sida, est assez dramatique et sombre. Donc je pensais que je leur annonçais un peu ça, me concernant. Je leur ai dit un par un. Tout le monde, à chaque fois que je l’ai dit, la personne a fondu en larme, bon je n’avais pas trop d’éléments pour les rassurer non plus mis à part de dire c’est mon destin voilà quoi. Mais c’était dur parce que, quand on n’a pas de message d’espoir, c’est un peu plus difficile.
Sandra : Mais maintenant, ça va mieux ?
Tina : Voilà. Maintenant, ils connaissent tout comme je leur dis à chaque fois, je les tiens quand même au courant. Donc ils savent qu’il y a beaucoup de progrès médicaux depuis ces dernières années. C’était quand même dur et pas évident mais que je pouvais quand même vivre presque normalement.
Sandra : Est-ce que tu prends un traitement ?
Tina : Ah non, pour l’instant non. Je suis suivie par les médecins et on vérifie ma charge virale, mes CD4, et pour l’instant, jusqu’à présent, je n’ai pas eu besoin de traitement. Mais mon médecin m’a proposé un traitement si jamais je voulais le prendre pour, comme je vis en couple sérodifférent, mon partenaire séronégatif, préférait et moi aussi, en plus du préservatif, ou au lieu du préservatif, se protéger par les traitements.
Transcription : Sandra Jean-Pierre
