Skip to main content.

Ali dit « Samy » | Hommes séropositifs | Méga couscous des familles vivant avec le VIH

Ali : « Au Méga Couscous des familles, j’ai vu quatre générations réunies pour survivre au sida »

28 septembre 2010 (papamamanbebe.net)

Réagir à cet article | Recommander cet article | Votez pour cet article

Sandra : Vous êtes toujours à l’écoute de l’émission Survivre au sida, et Ali se dévoile au fur et à mesure. Ca va toujours Ali ?

Ali : Oui, bien sûr.

Sandra : Alors Ali tu fais parti du Comité des familles, une association crée pour et par des familles vivant avec le VIH. Comment as-tu entendu parler du Comité des familles pour la première fois ?

Ali : En fait je connaissais de vue un certain nombre de personnes, soit qui allaient, soit qui étaient des membres fondateurs. Les premiers temps, je suis venu voir ce qu’ils faisaient, je connaissais un peu leur parcours avant parce qu’ils avaient commencé en banlieue. Et donc, on s’est croisé avec Reda, il m’a parlé d’un truc à la mairie du XIXème, ensuite il m’a parlé des locaux, je suis venu, je suis venu un peu plus souvent, il y a différents trucs qui sont organisés au fur et à mesure.

Sandra : Et qu’est-ce qui t’a plu tout de suite au Comité des familles ?

Ali : Au début tu es reçu, faut que les gens ils apprennent à te connaître, et vice-versa, et en même temps il faut savoir organiser des moments festifs, une certaine organisation, justement ce que Reda a fait pendant des années, l’émission de radio elle-même, et des tas d’autres trucs, là en l’occurrence, il y a le projet Madeleine, qui sont des témoignages à différents endroits, principalement dans les écoles.

Sandra : Tu parles de Reda, mais qui c’est Reda ?

Ali : Reda c’est l’un des membres fondateurs de l’émission et de l’association le Comité.

Sandra : Alors le Méga Couscous on en a parlé tout à l’heure, c’est un grand événement où les familles concernées par le VIH de près ou de loin peuvent partager le meilleur couscous du monde. Tout au long de la journée il y a des échanges, beaucoup d’animation. Au dernier Méga Couscous, il y a des artistes qui ont chanté pour les familles, dont toi Ousmane d’ailleurs. C’est l’occasion aussi de faire des rencontres et de témoigner, comme toi Ali ? Est-ce que tu avais témoigné au Méga Couscous ?

Ali : Oui, celui de 2007, un de premiers où j’ai été voir Reda. En revanche je n’ai pas eu la chance au dernier à Saint-Denis.

Sandra : Pourquoi être resté au Comité des familles ?

Ali : Parce que justement les choses elles sont claires, quand tu viens là, il y a une part de militantisme, justement l’engagement de se dire bah voilà comment on est vu, comment on est traité par la société. Puis en même temps chacun traverse des expériences, des gens qui vont pouvoir parler entre eux, alors qu’en tant normal ils ont dû mal à s’exprimer ou trouver une oreille pour les écouter. Et voilà, de voir qu’il y avait, par moment, des moments de détentes, même les enfants qui rigolent, les parents qui discutent. Il y a eu parfois même comme je disais, lors d’un Méga Couscous, j’ai vu 4 générations différentes réunies. Il y avait moins de monde qu’à Saint-Denis en l’occurrence mais c’était quand même très réussi et ces choses-là, ça m’interpelle plus, que ce que j’ai vu dans différentes autres associations. J’ai essayé de voir ce que ça donnait, enfin de compte ça ne m’apportait rien et je ne pouvais rien apporter. Là je n’ai pas la prétention d’apporter quelque chose au Comité mais j’ai le sentiment de, quand j’y vais voilà, je vois des gens qui sont impliqués.

Sandra : Et si je te dis Méga Couscous, couscous ça ne t’évoque pas un peu l’Algérie ?

Ali : Ca c’est… je ne dirai pas c’est un thème récurent mais moi j’ai mon père qui est algérien, ma mère qui est française et j’ai eu l’occasion d’aller de nombreuses fois en Algérie en vacances, et même je prolongeais pour ne pas revenir ici. Quand je ne travaillais pas, que je n’allais pas à l’école. Donc j’ai de très bons souvenirs en Algérie. Bon il se trouve que le thème du couscous il était pris comme repas parce que c’est un peu pratique pour réunir pour beaucoup de gens. C’est une bonne idée.

Sandra : Qu’est-ce que tu connais de la situation des séropositifs en Algérie ?

Ali : Très peu, on a déjà eu l’occasion d’aborder le sujet dans des pays d’Afrique subsaharienne ou Maghreb en général ou dans… je n’ai pas même pas connaissance d’un gars qui m’aurait dit qu’il est plombé ou quoi. En revanche ça fait des années que je ne suis pas allé en Algérie, j’y suis allé quand j’étais séropositif mais je n’ai pas besoin de le dire, j’ai dit que je me faisais respecter, ce n’est pas parce que j’aurai un quelconque problème mais je ne voulais pas simplement provoquer ou je ne sais quoi, je ne sais pas comment ils l’auraient pris. En Algérie je suis sûr que les gars ils doivent le vivre très mal pour l’instant, pour la simple et bonne raison qu’ils ne doivent pas avoir de dépistage, il y a les même raisons pour l’Afrique subsaharienne, pas de traitement, pas de ceci, pas de cela.

Sandra : Est-ce que tu as vécu en Algérie ?

Ali : Le plus longtemps que je suis resté c’est 4 mois. Mais y vivre non.

Sandra : Et le couscous il est meilleur ici ou en Algérie ?

Ali : On a tendance à dire que le meilleur couscous c’est celui de notre mère. En l’occurrence ma mère elle est française. Et le couscous de ma mère il est excellent.

Transcription : Sandra Jean-Pierre

Commentaires via Disqus