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Ben | Réseau national des correspondants du Comité des familles

Un homme vous explique à quoi sert la journée mondiale des droits de la femme

15 mars 2011 (papamamanbebe.net)

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Sandra : Zina, Amina bonjour et bienvenue à l’émission.

Zina : Bonjour

Amina : Bonjour à tous et bonne fête à toutes les femmes.

Sandra : Amina ça fait longtemps qu’on ne t’a pas vu à l’émission Survivre au sida. Tu avais déjà participé notamment pour parler de la situation des personnes séropositives en Algérie et puis aussi sur le Mégacouscous

Amina : Oui c’est vrai. Effectivement ça fait longtemps que je n’ai pas assisté à la radio. En revanche, je n’avais pas encore... ma situation n’était pas claire et maintenant ça va. Je suis avec le Comité, je travaille au Comité donc ça me permet de venir plus souvent.

Sandra : Le Comité des familles, association créée et gérée par des familles vivant avec le VIH. Alors aujourd’hui c’est la journée internationale des droits de la femme. Zina je vois que tu es contente, tu as fait un ouais, j’ai lu sur tes lèvres. Amina est-ce que tu peux me dire en Algérie, comment c’est la journée de la femme là-bas ?

Amina : En Algérie on a le droit a une demi-journée. Les femmes qui travaillent sortent à 12h. Elles vont faire la fête entre femmes, au restaurant, elles se promènent entre femmes.

Sandra : Donc du coup, les 8 mars après-midi qui on voit dans la rue ?

Amina : Que les femmes ! Il y a pleins de femmes ! Les hommes non (rires). Ils sont au boulot ou autre part. Mais que les femmes.

Zina : D’ailleurs moi j’ai une demande à faire à Reda, qui est Algérien. Ce serait bien d’appliquer ça ici aussi, au Comité des familles. Moi il n’y a pas de problème. Voilà, Reda si tu m’entends.

Sandra : Alors Ben, correspondant du Comité des familles, a voulu donner son opinion sur la journée internationale des droits de la femme. Alors Ben, à Valenciennes, est-ce qu’il y a des choses de faites pour cette journée ?

Début du son.

Ben : Oui, surtout les centres de formation d’éducation populaire qui organisent des choses à travers les stagiaires, justement pour faire changer les mentalités quoi. Il existe des événements. C’est des événements à droite, à gauche dans le Valenciennois quoi. Mais il n’y a pas une grande manifestation où toutes les autres associations se réunissent. Si on est pour la parité, je ne vois pas pourquoi on marque, une journée spécialement, une journée pour la femme quoi. Déjà la journée des droits de l’Hômme, pour moi l’Hômme c’est la globalité, hommes/femmes quoi. C’est l’être humain à part entière ou l’être humaine, je ne sais pas maintenant si on doit féminiser tous les termes, c’est un peu compliqué. Pour moi le droit de la femme c’est tous les jours. Maintenant cette journée, j’en ai un peu marre qu’on en parle, que les politiciens se sont emparés de ça. Pour l’instant je vois toujours des inégalités face au salaire, des inégalités face à la culture, des inégalités un peu partout qui perdurent. De temps en temps on nous sort quelques gens, grands intellectuels en disant voilà, telle et telle modèle pour la femme. Comme la présidente de AREVA ou on sort Simone Veil. Ce n’est pas la condition de toutes les femmes quoi. Et aujourd’hui si l’homme, si la société humaine, elle prenait le temps de dire, si on mettait vraiment l’égalité des sexes et la parité un peu partout, l’égalité des salaires, je pense que ça avancerait le débat. Moi je vois dans les grands mouvements sociaux, que ce soit la résistance ou bien les femmes de mineurs, ce sont elles qui ont organisé la résistance et puis la solidarité. Une société qui serait dirigée par les femmes, ce serait peut-être un peu mieux quoi. Parce que la femme elle est beaucoup plus tempérée et on n’oublie pas, on vient tous du ventre d’une femme. Ca sert à rien de pondre des journées. Soyons dans l’action ! C’est tous les jours, tous les jours qu’il faut se battre pour nos droits, c’est tous les jours. Alors homme et femme on est dans le même combat. Mais maintenant les journées spécifiques, ça sert à quoi en vérité ces journées spécifiques ? Faire une piqûre de rappel ? Il n’y a pas si longtemps que ça que les femmes ont le droit à l’avortement, que les femmes, on a retiré l’obligation conjugale, il n’y a pas si longtemps que ça. Mais en même temps, au niveau de la loi sur le droit des pères, qui n’est toujours pas appliquée parce que la majorité c’est des femmes qui donnent des décisions de justice lorsqu’elles divorcent. Bon, donc il y a peut-être un rééquilibrage à faire des deux côtés. Mais maintenant des journées... je pense que c’est tous les jours quoi. Je ne pense pas qu’on soit égaux au niveau de la maladie, parce que ça doit être très difficile à porter pour une femme de vivre avec. Et puis je sais qu’elles subissent plus le regard stigmatisant des hommes ou du système. La plupart des femmes que j’ai rencontrées, elles se cachent bien de le dire ou lorsqu’elles le disent, elles subissent beaucoup de stigmatisation. Elles galèrent bien pour avoir leur spécialité quoi. Leur spécificité au niveau de la prise en charge que ce soit au niveau du gynécomogue ou lorsqu’elles veulent avoir un enfant. S’ils n’ont pas un bon médecin en face, si elles ne sont pas fortes de caractère, elles n’ont pas l’information aussi facilement. Puis elles sont souvent montrées du doigt par les services sociaux. Bon, on a pondu une loi sur le droit des malades mais qui se soucie de nos droits ? Si nous-mêmes en tant que malades, on ne se soucie pas de nos droits ? C’est à nous de les faire respecter. C’est bien facile de signer des contrats, mutuelles, avec telles et telles structures. Mais bon, il faut voir aussi qu’on subit souvent et qu’on ne se réfère pas à la loi pour faire appliquer nos droits quoi.

Fin du son.

Sandra : Zina, Amina qu’est-ce que vous pensez des propos de Ben ?

Zina : Je suis d’accord. C’est vrai qu’il ne devrait pas avoir la journée de la femme. Ca fait un peu comme pour nous endormir un peu. On nous met une journée pour nous et c’est vrai que ça devrait être tous les jours effectivement. Il ne devrait pas avoir... on est en 2011 et maintenant on devrait être égaux aujourd’hui. Voilà. Mais bon, je suis quand même contente qu’il y ait la journée de la femme, bien que ça ne sert pas à grand chose.

Sandra : Amina la journée de la femme ça ne sert pas à grand chose ?

Amina : Je ne pense pas. Il n’y a pas de différence. Normalement, puisqu’on demande l’égalité donc c’est une journée comme les autres.

Sandra : Et au niveau de la prise en charge médicale pour les personnes séropositives, est-ce que entre les femmes et les hommes, est-ce qu’ils sont égaux dans ce domaine-là ?

Zina : Bah alors là, je ne peux rien dire là-dessus parce que je ne sais pas du tout. Je n’avais pas constaté, j’ai jamais entendu qu’il y avait une différence. Je ne sais pas du tout.

Amina : Même moi, je n’ai jamais entendu. Bon je connais des hommes ici, mais normalement ils ont la même prise en charge, il n’y a pas de différence.

Sandra : Vous écoutez l’émission Survivre au sida, la seule émission qui donne la parole aux séropositifs et à ceux qui les aiment. La journée mondiale des droits de la femme qu’en pensez-vous ? Réagissez sur le site survivreausida.net

Transcription : Sandra Jean-Pierre

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